Une assemblée générale avait lieu à Paris, je devais rencontrer plein de jeunes remplis d’espoir.
Donc, me voilà partie samedi matin avec ma valise, en direction de Paris. J’emmène des tonnes de fringues, alors que je reste deux jours, expliquez-moi pourquoi.
Sortie du train, j’arrive pleine d’enthousiasme à Paris. Je rencontre mes copains lyonnais, Mathieu, euh…Tiens, j’en connais que deux. Bon, c’est pas grave, je vais faire connaissance avec le reste.
Je continue de traîner ma valise dans le métro parisien, oui je sais, si j’étais venue juste avec un sac, c’eut été plus facile.
Nous voilà rue Raspail, je vois un bel ascenseur, je me dis : « chouette, je n’aurai pas à grimper l’escalier », manque de pot pour moi, l’ascenseur est en panne. 4 étages, en talons aiguilles et ma valise à tirer, je sens que le week-end va être sympa.
Nous arrivons au 4ème étage, je rentre vite pour m’affaler sur une chaise et trouver une place à ma valise, il ne faut pas que je la perde, j’ai tout mon essentiel, pardon mon superficiel, à l’intérieur.
Nous faisons connaissance les uns des autres mais je m’attendais à voir des jeunes un peu plus représentatifs de la France. Mais bon, mes jeunes, les vrais, ceux de la cité, je ne vais pas tarder à les voir.
Arrive le maître de cérémonie, Nicolas Maccioni. Un beau garçon, je dois dire, le gendre idéal par excellence, il nous souhaite la bienvenue, fait son lapsus sur Jeunes d’Avenir/MJS et nous demande de débattre.
Je m’attendais à un débat plus ouvert, mais les jeunes parlent et reparlent du PS.
Ouf, c’est la fin, nous pouvons aller manger, et rendez-vous à 14h30, pour à nouveau débattre. Je vais manger avec mes acolytes et refaire le monde.
Nous retournons à la réunion, salle remplie, plein de jeunes mais, déception, pas les miens, casquette à l’envers, qui connaissent réellement la galère et qui squattent dans les halls des cités, faute de mieux. Je vois des jeunes propres sur eux, look BCBG ; allez, c’est pas grave, voyons la suite.
Le gendre idéal, nous refait son discours pompeux et nous explique qu’il va y avoir un vote pour le conseil d’administration. Là, j’apprends avec effarement que certains membres du conseil sont élus à vie, oui vous avez bien lu, à vie, inamovibles, accrochés à leur siège avec de la colle super glue 3, tels des dictateurs Africains. Je m’étonne du principe mais ravale ma salive.
Les candidats doivent se présenter, ainsi que leurs projets. Là aussi, grande stupeur, je découvre une jeune femme au QI d’huitre, Aude Philip. Pour ceux dont le nom ne vous dit rien, elle n’est autre que la fille de Thierry Philip, maire socialiste d’arrondissement de Lyon. Bon, peu importe, me dis-je, si cela se trouve, elle est intelligente cette petite. Pas du tout, aucun projet, à part son statut de conseillère municipale à la ville de Bron, fief de Jean-Jack Queyranne, comme elle le dit si bien. Apparemment, elle faisait des études d’infirmière avant de passer au droit, non, ce n’est pas compatible, mais heureusement qu’elle a arrêté le médical, quelques patients survivront, et le droit étant la science des ânes, je vous laisse deviner la suite. Nous avons un autre candidat, Florian Bohème, très théâtral, beau garçon aussi, qui nous explique qu’il est fils d’ouvrier et qu’il est cumulard, malheur, je déteste les cumulards ! Il nous dit cela avec un aplomb monstre, un apparatchik du PS en puissance, lui aussi. Bizarrement, les propos de ce jeune trentenaire n’ont l’air de ne choquer personne. Celui qui m’a le plus sidéré, c’est le candidat ardéchois, un mélange entre De Villiers et Jean Sarkozy, responsable du MJS ardéchois, avec lui, le parti socialiste est sûr de gagner les élections.
Bon, il y a eu d’autres prétendants, mais je ne vais pas m’étaler dessus.
Vient le moment des votes. Plusieurs personnes, même pas inscrites à JDA, ont voté et des procurations frauduleuses ont été transmises. Un manque de rigueur incroyable s’est établi au cours de ces élections qui, pour moi, reflétaient tout sauf la transparence. Certains ont été mis de coté, alors qu’ils auraient dû intégrer le conseil d’administration. Je ne remets pas en cause la sincérité des organisateurs, mais plusieurs adhérents ont tranquillement fraudé, ont menti sur ce qu’ils étaient vraiment et, je pense, ne vont pas tarder à apporter des soucis à JDA, vous voulez des noms ? Je ne dirai rien !!!!
J’attends la fin de l’assemblée avec impatience, où nous sommes censés manger avec Jean-Paul Mignard, président de JDA. Arrive la fin de la réunion, on nous annonce qu’un pot sera donné, à Châtelet à 20h30. « On mange pas avec Mignard » demandé- je à mes acolytes ? Apparemment non, aucune annonce n’a été faite à ce sujet.
Nous trouvons un restaurant pour nous attabler (ce voyage m’aura quand même coûté 200 euros, de ma poche). À la fin du repas, nous rejoignons nos copains pour le pot. Arrivés devant les lieux, les organisateurs, ne sont pas là, nous nous faisons gentiment refouler et en plus il faut payer l’entrée.
Je rentre avec ma valise à l’hôtel, et je médite sur cette sacrée journée.
Rendez-vous le lendemain dimanche, pour clôturer la réunion, nous déjeunons, madeleines, thé et café.
Je trouve la suite de la réunion pathétique et décide de ne pas y participer. En conséquence, je me fais apostropher par Maître Nicolas, le gendre idéal, qui vient me tirer gentiment les oreilles (pauvre de moi).
Ces deux jours ont été très riches en événements, et en manque réel d’organisation.
Les JDA parisiens veulent vraiment s’approprier le sujet, mais ce qui m’a le plus rassuré, c’est que, bien que venant de milieux aisés, ces jeunes ont un projet de société.
J’ai discuté avec les représentants de JDA Nord et JDA Seine-Maritime, c’est peut-être des bisounours, mais ils se battent pour un monde meilleur. Vous pouvez les taxer de gagas, mais moi qui ai visité d’autres mouvements jeunes, (UMP, PS, PC….) je peux vous dire que ça déchire vraiment. Ils veulent sortir leurs copains de cités de la mouise, pour eux la différence est une richesse. Ils m’ont donné une grande leçon d’humilité, il est vrai qu’ils arrivent la fleur au fusil, mais c’est bon de savoir qu’il existe des pacifistes, qui pensent qu’on peut avoir un monde différent.
Ouf, la relève est là, bon vent à eux.
lundi 30 mars 2009