O'zons

VOS GUEULES CÉLÉBRITÉS



Je vous vois venir, gros comme un mensonge présidentiel : trop facile de se moquer de la Ferme, c’est de l’humour simpliste, genre les inoubliables de la Nouvelle Star, ou le bêtisier d’Arthur. D’abord je fais ce que veux et je vous emmerde, et ensuite, qui a dit que je chercherais à provoquer le rire ? Car, il y a des sujets graves dans la vie qui ne portent pas à rire : les attentats suicides, les prêtres pédophiles et la Ferme Célébrités en Afrique.

Je reconnais qu’à la première vision de ce tas de vomi de porc cancéreux, une hilarité violemment élitiste m’a envahi, comme les barbares envahiraient les cités selon Éric Zemmour. C’est difficile, en effet, de rester impassible devant ce spectacle sidérant de bêtise. Entre Castaldi et Foucault aussi énoooooormes que leur caricatures des Guignols, tentant avec un acharnement imperturbable de couper leurs connexions neuronales, afin de se mettre au niveau des millions de crétins qui les regardent, dont l’étendue du vocabulaire se réduit à une dizaines de vocables et dont la capacité d’analyse est visiblement inférieure à celle d’un trisomique qui aurait fumé 10 grammes de shit. Comment ça c’est méchant ? Oui, j’admets volontiers que parmi le public de cette merde, il y a une partie de cyniques qui se gargarisent de voir des cons en pleine action, et qui au passage perdent deux heures de leur temps à s’abrutir, au lieu d’utiliser leur intelligence à des fins plus utiles, comme inventer la voiture volante ou la machine à téléportation. Oui c’est dommage, on est passé à côté d’une innovation technologique majeure…

Donc, entre la débilité forcée de ses présentateurs et celle bien réelle (aucun doute), de ses protagonistes, on peut prendre La Ferme comme l’Annapurna de l’humour. Il suffit de prononcer le nom de certains candidats, pour sentir instantanément un sourire sardonique se dessiner sur nos lèvres pulpeuses et humidement désirables. (À O’zons nous sommes tous hautement désirables en plus d’être supérieurement intelligents et spirituels, c’est notre côté stars) ; Michaël Vendetta, Greg Le Millionnaire, David Charvet, la sœur de Céline Dion, Jeanne Manson, Aldo Maccione, Franky Vincent, Cricri d’Amour... Plus les bimbos inconnues qui complètent ce casting de ringards dénués de talent et en manque de public, malgré les goûts de chiotte, qui animent puissamment nos compatriotes.

Enfin, il suffit d’entendre les déclarations de Vendetta à lui tout seul et de constater son complexe de supériorité aussi justifié qu’une bombe atomique pour nettoyer sa cuisine, pour détendre agréablement ses zygomatiques. Pourtant, après deux minutes d’intense poilade, la réalité nous rattrape soudain, en retournant sur le plateau. Outre les habillages panthère et les figurants zoulous cannibales, qui choqueraient même Hergé, Le Pen et Eric Zemmour, c’est plus l’enthousiasme lobotomisé des animateurs et surtout celui du public qui est sincère, lui, qui provoque mon désespoir. On constate alors, avec autant de sidération nauséeuse que devant le spectacle grotesque d’un zoophile pénétrant frénétiquement un mouton, qu’il ya des admirateurs de Michaël Vendetta et des autres bouffons qui peuplent cette ferme et qui passent le plus clair de leur temps à glander sur un transat entre deux conversations métaphysiques sur la plastique de leurs corps bronzés, et sur la pseudo intelligence qui animerait leurs cerveaux de mouches à merde. S’ajoute à cela le spectacle aussi dégradant qu’une partouze de scatophages atteints de gastroentérite : celui de leurs disputes pathétiques, causées par leur égocentrisme capricieux, et aussi pertinentes qu’une analyse de texte de Platon par un enfant de trois ans.

Savoir que des millions de gens suivent ce concentré de bêtise méchante ; d’imaginer des jeunes et des moins jeunes, admirer ces crétins glorifiés par la médiatisation inconsciente, et érigés en modèles à suivre ; voir l’égoïsme, la perfidie, la médisance, la vanité et l’arrogance, présentés comme valeurs sociales respectables, n’est en rien comique mais plutôt incommensurablement consternant et écœurant. C’est pourquoi la seule solution admissible est de requérir de fortes peines de prison ferme pour tous les protagonistes de cette porcherie cathodique. A plus juste titre quand on voit que le vainqueur est Mickaël Vendetta. J’ai peur.

LA PUB DE L’ÉTÉ

Vous l’avez sûrement remarquée, et peut-être même essayé de la comprendre. Si vous avez vu la dernière campagne du Crédit Agricole vous me comprenez et vous avez mal à la tête. Ce concentré de génie cocaïné, décrit un jeune couple qui, visiblement, va tirer un coup dans la bagnole. Quand, surprise, un gentil employé de la sympathique banque, récemment renflouée par un plan de sauvetage audacieux, qui n’a pas du tout creusé la dette de notre beau pays, frappe à la vitre et leur propose de les aider à payer leur première voiture, grâce à un crédit gracieux aux taux d’intérêt modestement élevés à 220% (je caricature à peine). J’ai peut-être oublié de mentionner le clou de cette audacieuse publicité, aussi inspirée qu’un beat de Lady Gaga : les protagonistes sont des chiens. Conclusion, l’écureuil nous prend à la fois pour des cons et des clébards. La première fois qu’on se fait enculer, ça fait toujours un peu mal, mais le crédit Agricole vous propose de la vaseline à taux d’intérêt modique. Merci l’écureuil, trop cool.

jeudi 12 août 2010