O'zons

USUAL SUSPECTS



(Cet article a été rédigé peu après les régionales)

Oh, quel bel été qui s’annonce ! En effet, cher lecteur, une fois n’est pas coutume, nous n’avons aucune raison de râler. Comme vous l’avez peut-être déjà constaté, notre cœur ne balance pas vraiment pour la droite (je sais, c’est surprenant) et la raclée monumentale qu’ils ont pris aux régionales et qui continue d’irriter leur cul poilu, nous plonge dans une allégresse béate, agrémentée d’un rictus un peu crétin.

On peut l’affirmer, Sarko et ses clones diminués, se sont noyés dans une titanesque vague rose, verte et rouge. Tiens, ça me fait penser que le mélange des trois couleurs produit un marron bâtard, assez proche des déchets humains, j’admets qu’imaginer les blaireaux de l’UMP ensevelis de cette matière me provoque une joie vaguement sadique. Mais je m’égare, pour changer. Bref, la gauche a gagné, et malgré l’abstention des inconscients qui ont pris le risque de consolider le pouvoir présidentiel, ou de le transférer aux nazis en famille ; ainsi que la pathétique arrogance des sarkozystes, qui ont visiblement besoin de contacter Johnny pour prendre rendez-vous chez Optic 2000, la victoire est écrasante et prometteuse. N’attendez pas pour autant que nous sombrions dans un triomphalisme naïf. Malgré une amorce encourageante des trois partis de gauche, il s’en faut peu pour que les egos se galvanisent, initiant la sanglante bataille qui commencera en 2012. Car, tels le conte que nous narrait naguère Tolkien, la quête du pouvoir absolu efface toute amitié. Oui, je suis très lyrique aujourd’hui… Pour l’instant tout va bien, l’unité semble être de mise à gauche et à les entendre, on oscille entre le joli pays de Candy, et un film de Marc Dorcel. Pourtant, il suffit de gratter un peu pour constater que les grandes primaires de la gauche sont déjà commencées. Derrière la langue de bois de mise, les candidatures se profilent et vont vite saturer l’atmosphère, telle une nauséabonde indigestion de fayots.

Au PS, la plupart des suspects ne cachent même plus leurs diaboliques intentions. Aubry, qui se voit déjà présidente, galvanisée par des sondages à la noix mais qui oublie que les éléphants ont déjà choisi le candidat, Strauss-Kahn évidemment, qui se voit sauveur du parti, pour les mêmes raisons illusoires. Valls, qui n’a pas remarqué qu’il a le charisme d’une moule, la sympathie d’une ampoule blafarde de prison turque et surtout qui n’a pas remarqué qu’il est de droite ; ainsi que Hollande, qui a autant de chances de gagner la Nouvelle Star. Ça fait déjà quatre mais il y a aussi ceux qui ne sont pas encore officiels. La mère Royal évidemment, qui devient incroyablement très crédible, et qui sait, peut-être Delanoé, Peillon, Montebourg, Lang, Fabius et Moscovici, et pourquoi pas tout le PS, ne faisons pas les choses à moitié, bon sang. Chez les Verts, c’est plus subtil, c’est officiellement Cécile Duflot qui aura le privilège de ne pas être au deuxième tour. De fait, tout cela est aussi réel que l’intelligence et la classe de Moundir, l’aventurier de l’amour. Trahi par sa remarque à Ségolène, lors du débat chez Arlette Chabot (« Comme toi Ségolène, je ne suis pas candidat ») et par sa position médiatique de leader incontesté, il faut être un électeur du Modem pour gober que Cohn-Bendit ne se présentera pas. Puis, outre les habituels Besancenot et la clone de Laguiller, ont peut naturellement compter sur Villepin, qui, tel l’Inspecteur Harry, est prêt à dézinguer tout ce qui bouge, surtout si c’est brun, teigneux et que ça mesure environ un mètre soixante. Ainsi que sur Mélenchon, qui lui aussi s’est trahi comme un bleu à la télé, en faisant une promesse à un chômeur en fin de droits chez Ardisson. Du côté brun, on ne sait jamais, le pépé Le Pen n’a peut-être pas dit son dernier mot, même si la réussite électorale de son clone à nichons au prénom aquatique évoquant vaguement un gros poisson, peut laisser présager sa succession. Enfin, celui que plus personne n’attend, Bayrou et peut-être celui qu’on a jamais attendu, Dupont-Aignan, sans oublier les soi-disant indépendants et pas intéressés par le poste Nicolas Hulot et Patrick Sébastien.

D’ici que nous assourdisse cette cacophonie électorale de Moi-je, on pourra observer Sarko nous chier puissamment dans la gueule en continuant ses réformes asociales, avec, histoire de changer un peu, un remaniement, pouvant s’apparenter à quand on bouge le canapé de place pour rajouter une table basse, donnant pendant quelques secondes, la vague impression qu’on a déménagé. C’est bien, qu’il continue droit dans le mur et qu’il s’explose bien dessus, lui, sa chanteuse anorexique, accessoirement rédactrice en chef de Figaro Madame, et sa bande de sangsues décérébrées comme un fan de Michaël Vendetta.

jeudi 12 août 2010