
(USA, 2008) De DARREN ARONOFSKY, avec MICKEY ROURKE, MARISA TOMEI, EVAN RACHEL WOOD…
The Ram(le Bélier) est un catcheur en fin de carrière. Fauché, fatigué par les abus en tous genres. Après un énième combat il apprend que s’il ne décroche pas du catch son cœur pourrait lâcher. Obligé d’oublier sa passion, son retour à la solitude et à l’ennui vont le pousser à s’intéresser à la vie, à chercher l’amour et à renouer avec sa fille.
Darren Aronofsky (Pi, Requiem For A Dream, The Fountain…) ne nous avait pas habitués à ce type de mise en scène. La simplicité est de mise, très peu d’effets, on y retrouve cet aspect documentaire qui gagne le cinéma d’auteur de manière parfois agaçante. Sauf qu’ici, cela sert habilement le récit. Aronofsky et son scénariste Robert Siegel, nous exposent l’envers du décor de ce monde à la fois factice et brutal qu’est le catch, ses petits secrets de polichinelle. Mais au-delà de ça, on nous livre le portrait d’un loser attachant, en lutte perpétuelle contre le désespoir. 1h40 passionnantes jusque dans leur vacuité, émouvantes, parfois drôles, où l’on assiste à la descente aux enfers d’un gros dur à la fragilité désarmante qu’on ne peut s’empêcher d’identifier avec Rourke lui-même, bouleversant d’humanité. À chaque instant, on s’attache un peu plus à ce catcheur, certes pathétique, limite beauf mais terriblement authentique. On a beau savoir qu’il s’engage dans un ratage total de sa vie, jusqu’à la fin inéluctable, que sa vision de la réussite n’est qu’un échec qui était évitable ; sa vision à la fois enfantine et nihiliste, nous contamine par sa sincérité, transformant un suicide égoïste en sacrifice héroïque. The Wrestler nous file un grand coup de bélier en plein cœur.
(USA, 2008) DE RON HOWARD, AVEC MICHAEL SHEEN, FRANK LANGELLA, SAM ROCKWELL…
En 1977, l’ex président Nixon, influencé par son entourage, accepte de se faire interviewer par David Frost, un journaliste australien de divertissements. Le jeune Frost, préjugé incapable de mener la barque, va pousser Nixon dans ses retranchements en l’affrontant frontalement sur le Watergate et la guerre du Vietnam.
Aucun doute, nous tenons là le meilleur film de Ron Howard (Backdraft, Appollo 13, Da Vinci Code…). Pas spécialement pour sa mise en scène, somme toute très classique, (malgré une bonne utilisation du zoom), mais pour le montage, en premier lieu, donnant du rythme à une histoire un peu figée a priori, rajoutant des images d’archives et optant pour les coulisses de l’entretien, plutôt que l’entretien lui-même. C’est ainsi et grâce au jeu des acteurs que la tension monte rapidement et que les enjeux se font sentir. Enfin, le plus impressionnant, c’est la sensation étrange de connaître Nixon dans son intimité, de comprendre un peu mieux ce président ambivalent. À la fois extraverti, chaleureux et sympathique comme introverti, paradoxal et tourmenté par sa conscience. Ainsi, on méprise le salaud en lui, comme on ne peut s’empêcher de ressentir de l’empathie pour ses regrets et son fair-play final. À voir absolument.
mercredi 30 septembre 2009