O'zons

SUCKER PUNCH/BLACK SWAN/TRON, L’HÉRITAGE/LE RITE/127 HEURES/NUMERO QUATRE



SUCKER PUNCH

(USA, 2011) DE ZACK ZNYDER, AVEC EMILY BROWNING, ABBIE CORNISH, JENA MALONE, VANESSA HUDGENS, JAMIE CHUNG, CARLA GUGINO, SCOTT GLENN ET OSCAR ISAAC.

Babydoll est enfermée dans un asile, elle s’évade dans sa tête, imaginant deux réalités alternatives, tout en fomentant un plan, pour réaliser cette évasion et libérer les autres filles. Malgré une introduction maladroite et confuse, et des moments de flottement, Znyder nous embarque ensuite dans son scénario complexe et intriguant. Son obsession récurrente des ralentis (300, Watchmen, L’armée des morts) et de l’image soignée, bien qu’un brin artificielle, réussit toujours à fasciner en accrochant la rétine. Les trois plans de réalité ont certes du mal à coexister au début, de part leur aspect hétéroclite, Znyder réussit pourtant l’improbable pari de les réunir dans un film à l’esthétique et au temps de narration variables. D’abord l’hôpital psychiatrique des années 60, sombre, malsain, à l’image terne et blanche, avec un climat pessimiste et dérangeant. Ensuite le cabaret, plus baroque, dans des tons plus rouges, toujours aussi pessimiste, mais avec une torture psychologique des personnages plus insidieuse, au rythme lent, parfois desservi par les moments de flottement, mentionnés au début et par le jeu des actrices, assez inégal. Enfin, les rêves de super-héroïne de Babydoll, à l’esthétique de jeux vidéos, outrancière, colorée, volontairement irréaliste, mais percutante à souhait. Selon moi, la partie la plus réussie. Mais l’intérêt du film, qui met quand même longtemps avant de se manifester, réside dans la confusion que provoque ses changements de réalité, et le doute qu’on éprouve jusqu’à la fin : que se passe-t-il vraiment, qu’est-ce qui est réel ? Le quasi exploit de Znyder, réside dans son choix d’aborder des sujets graves (le viol, la souffrance existentielle et l’internement), par le biais de l’ellipse. La réalité sont les outrages subis par les filles, les ellipses sont les danses et les combats, sacrifices nécessaires à une liberté qui est peut-être, elle aussi, une vue de l’esprit.

BLACK SWAN

(USA, 2010) DE DARREN ARONOFSKY, AVEC NATALIE PORTMAN, MILA KUNIS, VINCENT CASSEL, WINONA RYDER, BARBARA HERSHEY… Une jeune danseuse, postulante à une représentation du Lac des Cygnes, entre pression et rivalités, sombre peu à peu dans la folie. Darren Aronofsky, par le biais de ces films un brin étrange, (Pi, Requiem for a dream, The Fountain, et le plus classique The Wrestler) est devenu une référence du cinéma indépendant américain. Ici, il s’attaque à un genre très casse gueule : le thriller psychologique. Cependant au vu de son œuvre et à son style très précis et réaliste, même dans les scènes oniriques et leur lien à la réalité, on savait que ce sujet était fait pour lui. Le résultat est assez réussi, on plonge dans la schizophrénie de son personnage, portée par une Natalie Portman en constants progrès, et ici assez magistrale. Cependant, Aronofsky, ne parvient pas à nous captiver sur la longueur, même si au départ l’effet de confusion donne un vertige, quitte à friser l’agacement, il devient facile par la suite, en observant les effets de lumière par exemple de déceler le réel des phantasmes. On peut toutefois en conclure que c’est un effet recherché, puisque l’héroïne sombre dans la folie par paliers, et ce qui commence par des visions de fatigue et de surmenage, finit par des hallucinations schizophrènes. Enfin, on peut regretter l’aspect transposition du Lac Des Cygnes, et l’identification de la danseuse à son personnage, jusqu’à l’issue prévisible puisque annoncée à la présentation du ballet par le chorégraphe. Malgré ces quelques bémols, Black Swan reste une œuvre intéressante, malgré la froideur qui en émane.

TRON, L’HÉRITAGE

(TRON LEGACY, USA, 2010) DE JOSEPH KOSINSKI, AVEC JEFF BRIDGES, GARRETT HEDLUND, OLIVIA WILDE, BRUCE BOXLEITNER… Un concepteur de jeux vidéos des années 80, disparaît, coincé dans sa création, son fils va le chercher dix ans plus tard.

Si, c’est le résumé du film ; on l’a bien compris, le maigre scénario, bien que correct, n’est que prétexte a une débauche d’effets spéciaux en 3D, très spectaculaires. Basé sur le film de 1982, et sorte de suite, tout l’intérêt réside dans l’esthétique froide mais envoutante du monde de Tron et l’atmosphère électronique de la musique de Daft Punk. Avec ou sans 3D, on tournoie dans les décors vertigineux, les combats et les poursuites hypnotiques, dans un ballet de couleurs très géométrique. On ajoute à cela, une gentillette histoire, avec métaphore évidente sur Dieu et la création, deux Jeff Bridges, et on obtient un cocktail pas soûlant pour occuper son Dimanche après-midi.

LE RITE

(THE RITE, USA, 2010) DE MIKAEL HÅFSTRÖM, AVEC ANTHONY HOPKINS, COLIN O’DONOGUE, ALICE BRAGA, RUTGER HAUER… Michael, séminariste dans le doute, est envoyé malgré lui suivre un séminaire sur l’exorcisme au Vatican. Sous l’égide du père Lucas, il va être confronté à la réalité du diable. On peut reprocher au Rite, un aspect anecdotique, et une redite sans intérêt de l’Exorciste de William Friedkin. Pourtant, ce nouveau film de possession satanique marque un point, son réalisme. Au-delà du fait d’être basé sur un vrai documentaire, l’encrage à Rome, les dialogues en italien, les exorcismes en latin, truffés de rituels les rendant crédibles, les effets sonores et le talent de Hopkins, donnent plus de relief à un film, somme toute très moyen. Enfin, le personnage du curé rationaliste, poussé vers Dieu par le démon lui-même, ne manque pas de saveur. On finirait presque par y croire.

127 HEURES

(127 HOURS, GB/USA, 2010) DE DANNY BOYLE, AVEC JAMES FRANCO Un randonneur se retrouve le bras coincé au fond d’une crevasse, le film retrace l’histoire vraie des 127 heures précédant son amputation, seule issue possible. Comment filmer un mec tout seul dans une grotte pendant 90 minutes sans ennuyer le spectateur ? C’est la question qui coule de source avant de voir 127 heures, mais Boyle y répond très vite, en s’installant dès les premières minutes au plus près de la vie de son protagoniste. Nous faisant les témoins invisibles de ses émotions, de ses pensées. C’est donc 90 minutes d’introspection qui nous attendent entre espoirs, souvenirs, rêves et cauchemars. Pari relevé avec brio par le réalisateur et son acteur, pour une simple anecdote sur la volonté.

NUMERO QUATRE

(IAM NUMBER FOUR, USA 2011) DE D.J. CARUSO, AVEC ALEX PETTYFER, DIANNA AGRON, TIMOTHY PLYPHANT… Un jeune se découvre extra-terrestre et avec des super-pouvoirs, il apprend être le quatrième des neufs exilés de son espèce, et que les trois premiers ont été assassinés.

Navet sympathique pour ados fans de Smallville (c’est les mêmes scénaristes), une mise en scène et des effets spéciaux honnêtes ainsi qu’un bon découpage du scénario, rendent le tout regardable.

dimanche 10 juillet 2011