O'zons

IRON MAIDEN, SLASH. OZZY OSBOURNE



IRON MAIDEN The Final Frontier

Enfin, après quatre ans interminables, le nouvel opus de la Vierge de Fer est sorti. Oui, je vous vois venir, je ne vais pas être objectif. Je vais tout de même essayer.

De prime abord, la bande de Steve Harris déçoit. Malgré une intro tribale et très Heavy, le premier morceau semble un peu basique. Au fil de l’album et malgré quelques arpèges inspirés et inspirants, on est irrémédiablement frustré par un son vraiment trop progressif, à la limite du mou et un final annoncé épique mais trop simple, introduit par un corps trop complexe pour être digeste.

Pourtant dès la deuxième écoute, le frisson se prolonge et s’intensifie. Au bout de la quatrième, le frisson se transforme en spasmes et en pleurs, en particulier devant Starblind et When the Wild Wind Blows, si froids à la première écoute. Les britanniques sont inspirés ? Non, ils sont touchés par la Grâce. Mother Of Mercy, Isle Of Avalon, The Talisman, The Man Who Would Be King, autant de bijoux, dans un seul album. Solos stratosphériques qui rendraient verts de jalousie les Deep Purple et UFO (l’élève dépasse le maître), ambiances cosmiques qui feraient baver les Pink Floyd de 1969, paroles poétiques et philosophiques, intégrisme religieux, guerre, capitalisme sauvage, temps qui passe, l’ultime frontière de la musique est franchie. Non, Iron Maiden n’est plus le plus grand groupe de Heavy Metal du monde, c’est le plus grand groupe de musique tout court.

SLASH Slash

Après la carrière que l’on connaît au sein de Guns n’ Roses et avec ses deux groupes Velvet Revolver et Snakepit, le guitariste virtuose au chapeau haut de forme, nous pond un album solo, au titre qu’il a sûrement mis des heures à trouver. En fait, il s’agit plutôt d’un album de collaborations, comme l’avait fait Santana, une dizaine d’années auparavant. D’ailleurs, c’est musicalement du même acabit, de la variété rock. Slash explore ici des terrains musicaux un peu différents de son blues rock/hard rock habituels, pour s’aventurer légèrement ailleurs. Rock, Blues, Funk, R&B, ballades vaguement irlandaises et Neo Metal, avec quelques titres dans son style habituel. Cela avec une ribambelle d’invités éclectiques : Iggy Pop, Dave Grohl (Nirvana/Foo Fighters), Fergie (Black Eyed Peas), Nicole Scherzinger (The Pussycat Dolls), Chris Cornell (Soundgarden/Audioslave), Adam Levine (Maroon 5), Lemmy (Motörhead), Flea (Red Hot Chili Peppers), M. Shadows (Avenged Sevenfold), Kid Rock, Alice Cooper, Ozzy Osbourne, Myles Kennedy (Alter Bridge), Izzy Stradlin, Duff McKagan et Steven Adler (ex Guns N’ Roses), Andrew Stockdale (Wolfmother), Ian Astbury (The Cult) et enfin Cypress Hill.

La première écoute est plutôt décevante, normal on s’attend à du Blues Rock et on entend de la variété, on se rend vite compte que les mélodies sont belles et que l’émotion finit par prendre le pas sur l’élitisme. Ensuite, il est difficile de ne pas remarquer que le guitariste en question est un des meilleurs au monde, ici encore, Slash nous bluffe de sa virtuosité technique et mélodique. En plus d’avoir augmenté ses capacités, Slash se montre inspiré comme il ne l’était plus depuis de nombreuses années, malgré quelques éclairs de génie épars. Avouons-le, les soli sont tout simplement sublimement stratosphériques, comme on les aime et Slash sait aussi utiliser sa Gibson Les Paul Custom pour égrainer des petits bijoux rythmiques (Back from Cali, Ghost…) et des arpèges déchirants en mode acoustique (Promise et Gotten). Enfin, l’apport textuel et artistiques des invités est non négligeable et on se surprend à entendre Fergie, bien meilleure en Hard Rock qu’en Dance/R&B, notamment sur la version de Paradise City avec Cypress Hill (sur la version collector), ou elle surpasse presque Axl Rose. Bref, un superbe album Pop et c’est en le comparant avec celui d’Axl (Chinese Democracy) qu’on réalise que si Slash était resté à Guns N’ Roses, la combinaison des deux songwriters aurait probablement produit le meilleur album du groupe.

Ozzy OSBOURNE : Scream

N’Ayant pas écouté son précédent opus (Black Rain, en 2007), on croyait le fondateur de Black Sabbath, artistiquement mort, condamné à faire des albums de reprises très moyens (Under Cover, 2005), voire à faire le pitre sur MTV (le reality showThe Osbournes). En fait non, voici qu’il revient, sans son guitariste Zakk Wylde mais avec un petit nouveau, le grec Gus G. (oui c’est un pseudo), ancien Firewind et musicien additionnel de Arch Enemy, et on n’y perd pas au change, tant leurs deux jeux sont similaires, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Ozzy l’a recruté. Gus G. ne compose aucun morceau, mais nous assène tout le long de Scream, une ribambelle de petits soli nerveux et fort remuants. La basse et la batterie sont brillamment assurées par Rob Nicholson et Tommy Clufetos, tous deux anciens de White Zombie, un groupe qui a marqué par sa puissance rythmique. Donc pas de soucis au niveau du nouveau groupe. Passons aux compos. Comme toujours chez Osbourne, on ne change pas une recette qui marche : Heavy Metal. Alternance de riffs lourds et rapides, voix toujours nasillarde mais moins haut perchée qu’à la période de feu Rhandy Roads (la meilleure, début 80), refrains accrocheurs et petites ballades Hard FM qui font mouche à tous les coups. Bon riffs, très bon soli, mélodies omniprésentes, malgré quelques tics énervants, Scream reste un album très correct, pas révolutionnaire, mais plutôt sympathique.

jeudi 12 août 2010