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SINCLAIR/RHAPSODY OF FIRE/SINIK/ AKHENATON & FAF LARAGE



SINCLAIR : Sinclair

À force de le voir dans la nouvelle star massacrer des pauvres candidats, on en avait oublié qu’il était lui-même chanteur. On comprend mieux cet oubli en entendant sa dernière galette, très pratique pour caler une chaise. Parce qu’avant de se moquer des autres, notre ami Sinclair ferait mieux de s’écouter avant d’enregistrer. Nous, on a écouté. On a beaucoup ri. En effet, dès les première secondes du premier sketch intitulé : ça tourne dans ma tête, la vis comica de Sinclair s’impose comme une évidence : « arrêtez de la mater ou je vous refais le portrait », mais quel troubadour ! La force de sa poésie et de sa maîtrise de la grammaire se font aussi sentir sur le magnifique Envie de toi : « rien de meilleur que la vie ensemble, vu de là où je reviens, moi j’ai envie de quoi tu sais ». Tordant. Mais au-delà de ses indéniables qualités textuelles, Sinclair est aussi un musicien hors pair et nous gratifie tout le long de lignes de basses funky, impeccables et inédites, uniquement entendues sur environ 10 000 chansons. Sinclair, artiste éclectique, sait aussi distiller l’émotion, comme sur Ailleurs, larmoyant comme Michel Berger qui jouerait du Richard Clayderman sur un piano en feu avec un superbe coucher de soleil rougeoyant en fond. C’est beau, je chiale. Ah zut, le disque est malencontreusement tombé dans la poubelle, comme c’est bête !

RHAPSODY OF FIRE : from chaos to eternity

Les stars du métal symphonique italien, (c’est comme du heavy metal mais avec de vagues touches d’opéra médiéval) reviennent. Malheureusement, ils n’ont pas été frénétiquement envahis par l’inspiration. Seul le dernier titre, beau et épique comme Rhapsody sait le faire, surnage dans cet océan de sweeps de guitares indigestes, de riffs épuisants, et de vocalises de Fabio Lione, allant jusqu’à nous livrer une opérette (Anima perduta, plutôt jolie tout de même) ; on retiendra, néanmoins, la virtuosité technique du groupe, et quelques moments de grâce des guitaristes. Pas suffisant pour en faire un grand album, mais assez pour respecter le travail accompli.

SINIK : le côté malsain

C’est dingue, Sinik n’a pas évolué en dix ans, même flow identique sur chaque morceau, samples basiques et périmés, sans compter ses analyses hautement philosophiques, puissantes comme l’effet d’un joint coupé à la paraffine en bas d’une barre HLM. Pathétique.

AKHENATON / FAF LARAGE : We luv New- York

Ici aussi on va faire court : un album inégal, alourdi par certains samples pas très entraînants, mais sauvés par la plume des deux MC’s marseillais, une tchatche infernale et pas mal d’humour.

dimanche 10 juillet 2011