O'zons

ROBBIE WILLIAMS/LA ROUX/KOOL SHEN/MEGADETH/WASP



ROBBIE WILLIAMS : Reality killed the video star

Attention événement, si l’on en croit les vagins enflammés qui le trouvent trop beau, l’ancien boys band est de retour avec un super album. Eeeeeeeeeeeeeeeeeeet ……. Non, en fait. Le vieux beau nous pond une bouse intersidérale aussi vide de sens que son visuel pathétique et son titre à la con (« la réalité tua la star du vidéo clip »), référence pourrie à un morceau des années 80, qui l’est tout autant (Radio killed the radio star) sans parler du groupe (The Buggles). Quoique, bien réfléchi, c’est honnête, on nous prévient dès le début qu’avec des références aussi nases, on vise le tube de dentifrice jetable, idéal pour se trémousser du cul sur les dancefloors, entre deux passages dégueulis aux toilettes et deux râteaux émis par deux bimbos avec deux de QI, entre deux gloussements. Tiens, il semblerait que je fasse une fixette sur le nombre deux, étrange. Mais je m’égare. De quoi parlait-on déjà ? Ah oui, Robbie Williams. Je disais donc, qu’entre deux tubes déjà prêts à passer sur NRJ, il y en a aussi d’autres plus pour Chérie FM, bien sirupeux, composés au synthé en mode faux violon et faux piano, mélodies oubliées entre deux couplets séparés par un refrain interminable, paroles se voulant hautement spirituelles et un brin ironiques, parfaites pour gruger de pauvres adolescentes fragilisées par une irruption cutanée trop virulente et des hormones en pleine mutation. Tuez-moi, par pitié, mais Robbie Williams d’abord.

LA ROUX : La Roux

Vous en avez sûrement entendu parler ou lu à leur sujet : c’est énoooorme, c’est la musique du futur, c’est formidable, c’est top trop in, ça crée le méga-buzz, quoi. Bon, après une écoute objective, j’avoue rester dubitatif. Soit, c’est mélodieux et la saturation de basse est assez groovy, mais à part ça, on cherche la révolution musicale. On baigne dans un son pseudo électro pop, mais en réalité on se tape, ébahi, une resucée de ce que les eighties on fait de pire : variété un brin mielleuse, sous fond d’une surdose épuisante de synthétiseurs, qui rappellent vaguement Eurythmics, Depeche Mode, New Order, voire Prince, en moins bien bien-sûr. Bref, pas de quoi sauter au plafond en hurlant au génie. Comme d’habitude, nos chers confrères n’ont tellement rien de potable à écouter, qu’ils encensent toutes les nouveautés à l’affut du moindre soupçon d’originalité. Et ne venez pas nous dire que l’on aime que le hard rock, allez, pour le prouver on vous cite trois grands noms de l’électro : Massive Attack, Fat Boy Slim et Chemical Brothers, alors ?

KOOL SHEN : Crise de conscience

Vous êtes sûrement au courant, Joey Starr, la deuxième moitié du Suprême NTM est encore en prison, en raison de son patent manque de self control. Pas de bol, le nouvel album est finalement un deuxième solo de Kool Shen. Aucun regret à avoir cependant, Crise de conscience vaut largement Dernier Round. Comme toujours, bons samples dans l’ensemble, cisaillés par le flow acéré de Bruno Lopes qui même avec certains lyrics inégaux, arrive à balancer quelques géniales trouvailles à rajouter dans les dictionnaires de rimes. Rap toujours conscient, regard acerbe et acéré sur la société, sur la misère, sur la situation des cités qui n’en finit pas de stagner… On pourrait reprocher à Kool Shen d’utiliser son passé, pour le transposer maintenant, vu que cela fait des piges qu’il ne vit plus la misère. Mais d’un autre côté, on sent une sincérité, comme si malgré l’argent et la célébrité, il restait lascar à vie ; comme un reflet de la vision condescendante de la société sur les banlieusards.

W.A.S.P. : Babylon

Il y a encore deux ans, je n’avais pas chroniqué Dominator, excellent précédent album de Wasp. Pourquoi ? Pour la même raison que personne, hormis la presse spécialisée, n’en parle, par préjugé. Normal, voici l’image que je me faisais de Wasp, comme le commun des mortels, d’ailleurs, oui ça fait mal, le vrai cliché du hardos stylé glam, écumant les radios US pendant les années 80, avec des tubes évocateurs genre Fuck like a beast, entre une parodie de chanson de Poison, Ratt, Skid Row voire Mötley Crüe, plus connu chez nous. Puis, je me suis penché sur ce groupe paradoxal (merci David), tenu en laisse de cuir par le dérangé et dérangeant Blackie Lawless (Noireaud Sansloi) un authentique Amérindien osant se baptiser W.A.S.P. et surtout pondant les chef-d’œuvres Crimson Idol (1993) et The Headless Children (1989), riffs assassins, mélodies omniprésentes, voix éraillée, textes ambigus et profonds. Ici encore, malgré quelques redites des précédents hits, on retrouve la formule qui fait le charme de Blackie et, malgré quelques titres un peu bateau, rien n’est vraiment mauvais, et on frémit sur des perles comme Godless run, Crazy, Into the fire ou Thunder Red. En prime, Burn de Deep Purple et Promised Land de Chuck Berry. Rock n’ Roll baby.

MEGADETH : Dialectic Chaos

Comment ? Encore du Hard Rock ? Ah non, pas du tout, ça c’est plutôt du Metal, tendance Thrash, voire Speed. Honnêtement, comment passer à côté de l’une des quatre têtes du Thrash, (les trois autres étant bien sûr Metallica, Slayer –on en parlera le mois prochain- et Anthrax*). Donc, après un United Abominations plutôt foireux, Dave Mustaine se rattrape rien qu’avec son entrée en matière instrumentale et virtuose. On confirme, son poignet est rétabli, on se délecte donc de ses riffs speed, agrémentés de soli à 300 à l’heure. Malgré quelques titres inégaux, Dave nous réhabitue avec les chef-d’œuvres, ses textes politiques, ses mélodies complexes et puissantes, entrecoupées d’arpèges déchiquetés. Enfin.

* Les Big Four sont en concert au Sonisphere en Suisse le 18 Juin prochain, avec Motorhead et Black Sabbath

mercredi 20 janvier 2010