O'zons

On n’est pas couché, mais on dort quand même



Ah, l’été… La plage, les gonzesses en bikini, le soleil, l’apéro dès huit heures du mat’, et les rediffusions télé. Et oui, le PAF est aussi en vacances, et comme à chaque période estivale, nous gave de best of et de rediffusions des émissions qui nous avaient déjà fait méchamment chier la première fois. Celle de Ruquier en fait partie et conserve ses attributs de somnifère du samedi soir.

Malgré le départ annoncé de Chapi et Chapo, les deux érics de la critique acerbe, les Dupont et Dupondt de l’enculage de mouches ; le cauchemar continue à la rentrée, car Ruquier n’est toujours pas en prison. Coupable des crimes de vannes pourries, d’overdose de calembours foireux, d’analyses politiques à la Nadine Morano de centre gauche, de degré zéro de la caricature, illustrée par des photomontages pompés sur O’zons pour les meilleurs, et sur un gamin de CM2 qui découvre Photoshop pour la plupart ; Ruquier est incroyablement toujours en liberté et pas encore condamné à la pendaison jusqu’à ce que mort s’en suive. Non, le pire de sa saison est encore à l’antenne, avec ses interviews en profondeur de Frédéric François ou autres chanteurs de salle de bains, anciennes gloires de la variétoche bien de chez nous, à coups de ritournelles foireuses et textes mielleux.

Encore mieux quand ça parle de cinéma, promotion honteuse de films français chiants, c’est une lapalissade, unique prétexte à massacre des deux critiques, qui n’ont franchement pas besoin de trop réfléchir à leur diatribe pour y parvenir, il suffit de raconter le film. Sinon ça parle théâtre, enfin si on veut, à croire que Ruquier a un contrat avec tous les théâtres parisiens, pour parler des pièces de comédiens octogénaires dont plus personne ne connaît le nom, et dont l’ennui sidéral et le pathos inhérents n’ont d’égaux que le nombre réduit de spectateurs. Sauf pour les comédies, le public est plus nombreux, bien que ça n’empêche pas les acteurs de venir raconter leur interminable carrière et la vie privée de leur transit intestinal, histoire de mieux faciliter celui du téléspectateur, et de permettre à Jonathan Lambert de se déguiser. Le public lui, n’a pas la chance de pouvoir zapper. Non, il a droit au rire niais récurrent de l’animateur, qui se trouve visiblement très drôle et aux analyses politiques des deux érics, toujours imprévisibles et pas du tout stériles, puisque la thèse de Naulleau est l’antithèse de Zemmour, ça fait bien avancer le débat, encore plus quand l’invité n’est d’accord avec aucun des deux. C’est génial : tout le monde se gueule dessus en même temps et on comprend que dalle. Mais peu importe, puisqu’on s’est déjà endormi avant le début, pendant l’interminable monologue de Ruquier, sensé annoncer les invités qui ne sont pas venus. Alors, on se réveille la tête dans le cul, devant Thé ou café, en se demandant qu’est-ce qu’on fout là, et pourquoi on a encore regardé cette merde. Grande question existentialiste dont la réponse reste aussi obscure que les grands mystères de l’univers et le succès de Lady Gaga.

dimanche 10 juillet 2011