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OASIS : Dig Out Your Soul

On peut détester les frères Gallagher, leur reprocher d’être plus arrogants que talentueux et de pomper les Beatles avec un génie beaucoup moins évident... Pourquoi contredire ces opinions, puisqu’elles sont le reflet de la vérité ? Oasis pond un énième album sous-John Lennon, mais l’agacement est le même à chaque opus : c’est quand même pas mal. Malgré certains morceaux un peu lancinants se voulant hypnotiques, un manque considérable de profondeur textuelle et musicale, le faiseur Noel Gallagher fait mouche et ses tubes Rock se laissent écouter sans problème. Riffs efficaces, mélodies indéniables mais toujours la même superficialité. La routine.

ANAΪS : The Love Album

Il y a au moins quelque chose de certain qu’on peut dire sur cet album, c’est qu’il porte bien son nom, il parle d’amour. Mieux que le commun de la variété française, mais pareil que les autres artistes estampillés Nouvelle Scène par la presse intello. Elle est très sympa, Anaïs, ses textes sont parfois drôles, mais comme tous ses confrères, on s’emmerde. On est vite lassé de ces anecdotes amoureuses au ton ironique qu’on entend partout, aux guitares mollassonnes et aux mélodies éphémères. Aucun morceau n’est vraiment mémorable, rien n’est mauvais, mais rien d’exceptionnel non plus. Ça rentre par une oreille, c’est agréable mais ça ressort de l’autre côté aussi vite.

ABD AL MALIK : Dante

Retour attendu du rappeur préféré de la presse intello. Abd Al Malik n’a pas changé, il nous délivre son slam aux paroles éclairées sur des musiques pour le moins éclectiques. Difficile de ne pas admettre son talent d’écriture, ses références culturelles très nourries et son intelligence. Ceci dit, on aimerait parfois qu’il rappe ! À certains moments on est dans la poésie déclamée voire carrément parlée, et à la longue, c’est très chiant. Le même problème se pose avec les instrumentations, si le Jazz et la Soul se prêtent bien au Rap en général, on est moins certain de la compatibilité avec la Musette et la mélopée au piano. C’est bien d’expérimenter, d’être un ovni musical mais là on frôle carrément le hors-sujet. Avec Dante comme avec Gibraltar, on ne sait pas où classer Abd El Malik. On pourrait dire tant mieux, merde aux étiquettes ; sauf qu’avec lui, on atteint un stade de confusion totale. Est-ce du Hip-Hop, de la chanson engagée ou lyrique à la Nougaro, de la poésie en musique ? Un peu tout ça à la fois, chef-d’œuvre ennuyeux, un oxymore à lui tout seul, ce mec. Impossible, en tous cas, d’y rester indifférent, c’est déjà pas mal.

JOHNNY HALLYDAY : Ça Ne Finira Jamais

À peine un an après son album de Blues bidon, le plus naze des rockers revient nous faire chier dans un nouvel album de Rock guimauve. Signé par des pointures de l’underground Punk Metal français : David Hallyday, Francis Cabrel, Calogero, Christophe Maé, Grand Corps Malade (qui s’est trompé d’étage) et l’intarissable réservoir à soupe Didier Golemanas. Un album insipide et indigeste, dont les rares jolies mélodies (Je voudrais tellement et Emily) se noient dans un océan de médiocrité pathétique, entre bluettes Rockabilly Country aux riffs mous sensés rappeler les grandes années de l’idole des vieux et variétoche vue et revue. Cabrel signe un État de grâce proche du coma, Golemanas commet « quelqu’un te dit je t’aime, ça peut changer le monde », pire que ses rimes à deux balles pour Obispo, Grand Corps Malade porte bien son nom, mais le pire reste une reprise ignoble de Unchained Melody des Righteous Brothers, (la chanson de Ghost). Pour la peine, on aimerait bien être mort pour ne pas l’entendre. On se demande vraiment si les français trouvent ça bien, pour préférer Johnny à AC /DC (numéro 1 partout ailleurs), ou s’ils l’achètent juste parce que c’est lui. Finalement, si Johnny faisait un album de Death Metal , de Techno Hardcore ou carrément un album de reprises de Jordy, ça serait peut-être numéro 1. En tous cas, celui-ci est un cauchemar et si on en croit le titre ça ne finira jamais.

GUNS N’ROSES : Chinese Democracy

C’est un peu comme la lettre d’un vieux pote qu’on n’attendait plus. Un mélange étrange de plaisir, de nostalgie et de redécouverte après des années où le temps a accompli son œuvre sur l’évolution des esprits. Voilà l’effet que procure cet album, après 17 ans d’attente, d’espoir, de haine et d’oubli. Axl Rose est de retour et c’est vraiment une surprise. On découvre un album décontenançant, un opus hyper chiadé, au son ultra travaillé avec des pointes d’électro, aux mélodies déchirantes et aux soli sublimes, entre arpèges techniques déchiquetés, mélancolie Blues et envolées lyriques. Les Guns N’ Roses de Appetite For Destruction sont morts mais renaissent de leurs cendres avec un nouveau groupe et un nouveau son. On retrouve forcément quelques éléments typiques du défunt groupe dans les mélodies piano, puisque des morceaux comme Estranged ou November Rain étaient déjà signés Rose, et c’est de ce côté, bizarrement que Chinese Democracy est le plus intéressant. En effet, à part le morceau titre et IRS, les autres chansons Hard Rock sont énervantes malgré de bon refrains ou soli. Sans Slash, Duff et Izzy, la tronçonneuse mélodique des Guns ne tient pas la route et Axl le sait. Il s’est donc rabattu sur sa spécialité : le Pop Rock aux arrangements raffinés, avec plusieurs pistes de voix, couvertes par son impressionnante gamme d’octaves (probablement retravaillés technologiquement). On fera impasse sur les paroles, car au-delà de ses vagues excuses aux Noirs dans Madagascar (il était temps) et des allusions en filigrane aux anciens Gunners virés comme des chiens, on reste dans les élucubrations mégalos d’Axl. Plaintes d’amoureux transi à la vision déformée par un état maniaco-dépressif et excès droitiers très limites (IRS, Rhiad). C’est par les Roses contenues dans sa musique que s’exprime le génie et la beauté de ce Gunner fou et misanthrope. Paradoxal, émouvant, obsédant, magnifique. Les roses qui tuent : GUNS N’ROSES !

dimanche 30 novembre 2008