O'zons

O’zons ciné



LE CRIME EST NOTRE AFFAIRE

DE PASCAL THOMAS. AVEC CATHERINE FROT, ANDRÉ DUSSOLIER, CLAUDE RICH, CHIARA MASTROIANI… D’APRÈS PARTNERS IN CRIME D’AGATHA CHRISTIE.

Prudence et Bélisaire Beresford, coulent une retraite tranquille des services secrets. Mais Prudence s’ennuie et la visite de sa tante, témoin d’un meurtre dans un train croisant le sien, la pousse à retrouver le coupable. Son enquête la mène à un château, où les héritiers convoitent le magot de leur vieil avare de père.

Après Mon petit doigt m’a dit, Pascal Thomas retrouve les Beresford avec, visiblement, le même plaisir. On retrouve donc ce même esprit léger, ces personnages un brin désuets et cet humour bon enfant. On retrouve aussi ce désir de fantaisie et cet aspect artificiel, sauf qu’ici cela ne cannibalise pas la crédibilité du récit. L’enquête suit en effet son cours de manière plus logique et ce sont aussi les faits qui permettent aux Beresford de démasquer le coupable et pas uniquement l’intuition de Prudence. Ce regain de sérieux sert le film et le rend plus réaliste. Enfin, Thomas s’est délesté des longueurs parfois assommantes du premier opus, rendant ainsi son récit beaucoup plus fluide. Ajoutez à cela un casting cohérent et vous obtenez une comédie policière assez agréable, au charme rétro.

THE DARK KNIGHT

DE CHRISTOPHER NOLAN. AVEC CHRISTIAN BALE, HEATH LEDGER, AARON ECKHART, MAGGIE GYLLENHAAL, MICHAEL CAINE, GARY OLDMAN, MORGAN FREEMAN ET ERIC ROBERTS. The Dark Knight se situe dans un Gotham City dominé par la pègre, livré à la corruption et au chaos. Batman, en proie au doute, voit dans le procureur incorruptible Harvey Dent un possible successeur. C’était sans compter sur le terrorisme idéologique du Joker.

Deuxième Batman de Nolan, le chevalier noir est ce qu’il y a de plus clair dans ce monde apocalyptique livré au terrorisme absurde sous couvert d’idéologie. Sombre et violent, Gotham ressemble au Chicago des années 30 (il est tourné là–bas), de même, Batman, Dent et Gordon, ressemblent beaucoup aux Incorruptibles... En comptant la virtuosité, la comparaison à De Palma s’arrête là.

Effets spéciaux ultra-réalistes et action ravageuse en travellings vertigineux pour la forme ; réalisme angoissant, violence non frontale et psychologie fouillée, à l’opposé des clichés manichéens hollywoodiens, pour le fond. Grâce à un casting inspiré, et pas que l’excellent Heath Ledger, le scénario (original, bien que transposant l’atmosphère âpre des versions comics de Frank Miller), nous fait part des angoisses américaines post 11 septembre. C’est aussi l’occasion d’une petite réflexion sur l’héroïsme, le doute, la nature du mal, l’espoir dans le désespoir, à laquelle s’ajoute une esthétique sublime, assez proche du réalisme froid et rectiligne d’un Michael Mann.

À des lieues des films de super-héros et reléguant les précédent opus (oui, même ceux de Burton) au rang de farces esthétisantes, The Dark Knight, frise le chef d’œuvre, et force l’admiration. Hautement culte.

lundi 6 octobre 2008