O'zons

O’zons DVD



LES SIMPSON, LE FILM

(THE SIMPSONS MOVIE, USA 2007) DE DAVID SILVERMAN, AVEC DAN CASTELLANETA, JULIE KAVNER, NANCY CARTWRIGHT…

Après que Homer ait accidentellement pollué le lac de Springfield, une entreprise fabrique un dôme pour mettre Springfield sous quarantaine. Les Simpson, menacés de lynchage s’exilent en Alaska avec Spider-Cochon. C’est très difficile à croire, c’est pourtant le synopsis de cet épisode géant des Simpson. Pas spécialement mauvais, pas bon non plus, comme n’importe quel épisode. Quelques gags hilarants, beaucoup sans intérêt, un vague message écolo, une fin débile et beaucoup de remplissage. Impossible d’en dire plus, on l’oublie aussi vite qu’on le regarde, dommage.

LES PROMESSES DE L’OMBRE

(EASTERN PROMISES, USA, ROYAUME-UNI, 2007) DE DAVID CRONENBERG, AVEC VIGGO MORTENSEN, NAOMI WATTS, VINCENT CASSEL…

Anna, une infirmière anglaise, se retrouve en possession du journal intime d’une patiente morte pendant son accouchement. Elle cherche à le faire traduire, afin de retrouver la famille du bébé. Anna se retrouve impliquée dans les affaires de la mafia russe. Malgré une introduction un peu longue, Cronenberg, parvient une fois de plus à nous entraîner dans son univers sombre et violent. Porté par un casting efficace qu’on croirait vraiment russe, le Canadien heideggérien-humaniste, délaisse le spectaculaire, pour une mise en scène simple, à la limite du documentaire, non sans un traitement d’image assez âpre, qui rajoute au pessimisme ambiant. On se laisse donc embarquer dans cette histoire sordide de mafieux impitoyables, que ce journal intime va mener à l’implosion. Mensonges, trahisons, meurtres, machisme exacerbé et (donc) homosexualité latente, vont se déchaîner petit à petit, jusqu’à la révélation finale, étincelle d’espoir dans un monde immoral.

Malgré un aspect légèrement anecdotique et un rythme un peu lent (compréhensible par le souhait de réalisme), Les promesses de l’ombre vaut la peine d’être vu et comporte quelques élans de maestria visuelle, qui le placent parmi les grands films de mafia.

JE SUIS UNE LÉGENDE

(I AM LEGEND, USA, 2007) DE FRANCIS LAWRENCE, AVEC WILL SMITH, ALICE BRAGA, CHARLIE TAHAN…

Un virus a contaminé la planète. Un scientifique de l’armée, est mystérieusement immunisé et recherche désespérément d’autres survivants et une cure, se barricadant chaque nuit pour échapper à d’intrigantes bêtes sauvages. Troisième adaptation du roman de Richard Matheson, celle-ci, quoique plus hollywoodienne (donc moins fidèle à la noirceur du livre) reste très agréable. On peut reprocher le côté « parfait » du personnage joué par Will Smith, voire l’aspect très chrétien de la fin, pourtant, la vision de Francis Lawrence (réalisateur de Constantine) a ses avantages. Le premier étant une réalisation très speedée, sublimant les scènes de chasse à travers Manhattan en ruines. Le deuxième étant son affection pour les horribles monstres très flippants ! Mais la vraie terreur réside dans le jeu de Will Smith, lorsque la nuit tombe, ou lorsque la solitude le fait monologuer, pour surmonter l’angoisse. Malgré les flashbacks larmoyants, on parvient à se laisser prendre au jeu et le suspense germe insidieusement, doublé d’une envie brûlante de savoir de quoi le héros se cache (si l’on ne connait pas déjà l’histoire). Sympathique, divertissant, parfois émouvant et surtout visuellement très agréable.

GONE, BABY GONE

(USA, 2007) DE BEN AFFLECK, AVEC CASEY AFFLECK, ED HARRIS, MORGAN FREEMAN, AMY RYAN, MICHELLE MONAGHAN…

Un couple de détectives privés enquête sur la disparition d’une petite fille. C’est vrai qu’il est plutôt sympathique Ben Affleck. Il a coécrit Will Hunting avec Matt Damon, il est de gauche… On s’est dit : d’après le bouquin de Dennis Lehane (Mystic River), pas mal ; Affleck réalisateur, pourquoi pas ; son frère dans le rôle principal, euh… éventuellement… On déchante assez vite devant un ratage si incroyable qu’on se demande si ce n’est pas une parodie. Ça commençait plutôt bien, genre film indépendant un peu dark. Malheureusement ça dégénère. La réalisation est chiante au possible, et ça ne va pas en s’améliorant. Le film semble durer cinq heures, avec une overdose de rebondissements improbables, alors que le rythme laissait présager la fin de l’histoire. S’ajoute à ce calvaire, petit frère Casey qui est aussi crédible en privé dur à cuire que Schwarzennegger en militant alter mondialiste, des fuck à toutes les phrases pour faire adulte et cool, une diatribe sur la peine de mort interminable et clichée au possible, enfin, un retournement final à crever de rire, tellement c’est pas crédible. On comprend les intentions louables de Ben Affleck, qui garde la structure du bouquin (d’où son accueil chaleureux de la critique) et veut créer une ambiance sombre, une patte de film d’auteur. On comprend surtout que sa virginité comme réalisateur lui fait accumuler les écueils typiques du premier film. On veut tout faire, tout dire, et on s’embrouille carrément. Exemple : il se passe des mois avant que Casey reprenne l’enquête ; on le voit déprimer dans son salon pendant dix minutes. Il aurait suffi d’une ellipse avec un panneau « un an plus tard »… Et c’est comme ça pendant tout le film. Avec un meilleur montage et même avec Casey Affleck, (qui joue parfois très bien) on aurait presque pu voir un chef d’œuvre à la Mystic River. Gone, baby gone n’est pas une grosse merde, mais pas loin quand même.

lundi 6 octobre 2008