Il y a de ces politiciens qui, inévitablement, provoquent une allergie virulente, avec irruptions cutanées, démangeaisons intrinsèques et violentes envies d’hostilité barbare, à la vue de leur personne.
Nadine Morano en fait partie et ses interventions verbales, ne font qu’augmenter son capital-antipathie, qui, malgré ces temps de crise financière, est en bilan excédentaire exponentiel.
Morano, c’est la caricature de la droite décomplexée, si chère à Nick Sarko. La droite décomplexée, pour faire simple, c’est la haine irrationnelle et absolue de tout ce qui est de gauche et la fierté d’appartenir au camp opposé, poussée à son paroxysme le plus absurde. Nadine, elle, est TRÈS décomplexée. Heureusement qu’elle n’est pas gauchère, sinon elle se serait déjà amputé. Pourtant, sans le savoir, elle est un peu de gauche. Contrairement à la majorité de la droite (et, de surcroît, à Christine Boutin sa ministre de tutelle) elle est pour le mariage et l’adoption pour les homosexuels et pour l’avortement. Ne lui dîtes surtout pas, sous peine de déclencher son hystérie latente et de révéler le chien enragé qui sommeille en son inconscient dérangé. Erreur fatale, donc, qui va entraîner une suite (inter)minable de diatribes haineuses et incohérentes, qui termineront en comparaisons pathétiques entre socialisme, goulag, dictature et camps d’exterminations.
Pourtant, on aurait pu, bêtement, penser que ce charmant bovidé aux yeux de poupée Barbie, avec son enfance en banlieue et son père ouvrier, aurait orienté ses convictions vers la gauche. Malheureusement, sa conception perturbée par un océan de matières fécales, obstruant son cerveau microscopique, ne suit pas les règles de la logique. En effet, comme le prouve ce schéma
(oui, on fait aussi cours de biologie), la pauvre Nadine a une particularité physiologique qui nuit à sa compréhension de la réalité, et ce, depuis sa naissance. Ce dysfonctionnement cérébral est responsable du raisonnement politique inversé de Mme Morano. En effet, dès le lycée, cette pathologie eut des conséquences fâcheuses sur sa construction politique, ainsi, elle inversa les idéologies, prenant de fait, la gauche pour la droite. Cela fut accentué par son programme d’histoire de Terminale. C’est là qu’elle apprit que nazi était l’abréviation de national socialisme. Ainsi, elle fut persuadée que le parti socialiste avait exterminé les Juifs. Comme ils avaient déjà fondé L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, et au passage tué les stars (les tzars, en fait) et torturé leurs amis au goulag, instaurant une dictature où les riches étaient interdits ; elle leur voua une haine sans nom.
C’est donc, cette année qu’elle s’engage au RPR, le parti du Général de Gaulle, qui, c’est bien connu, a empêché la chienlit nazi-communiste de faire un coup d’État en mai 68. Mais son pire cauchemar se réalise en 1981 : les nazis communistes de François Mitron (Mitterrand) accèdent au pouvoir. Elle entre donc en résistance avec Jack Shirack (Jacques Chirac) et tombe amoureuse du jeune Nicola Sarcosi (Nicolas Sarkozy), car il a un prénom de star de Russie.
Le jour de gloire est arrivé, Sicolas Narkozy est enfin président de la république. Nadine sous le coup de l’émotion, a 160 orgasmes consécutifs. Il lui faut un mois pour se remettre de cette sensation, nouvelle pour elle. Ensuite, elle prend ses non-fonctions de sous-ministre. Eh oui, car, comme la plupart des ministres de Sarkozy, elle est totalement nulle. Alors elle fait comme les autres, elle écoute les ordres de son mini-dieu et passe à la télé. Sauf qu’à la différence de ses collègues, elle croit vraiment aux conneries qu’elle raconte. À ses yeux, les détracteurs de notre président exceptionnel se divisent en deux catégories : les cons, qui ne comprennent pas la subtilité de son action novatrice, et les salauds, soit de mauvaise foi, soit endoctrinés par les nazis-socialo-communistes, soit visant à prendre le pouvoir à la place de son gourou. Impossible de dire le moindre mal de son héros, sous peine de voir Nadine se transformer en Miss Hulk, qui aurait été contaminée par la rage.
Là, aucun argument ne peut atteindre son endoctrinement, aussi encré que chez un taliban ou un adepte de la secte Moon. Exemple, Morano explique la vision du social de l’UMP : on aide les ouvriers en donnant de l’argent aux gros patrons et en baissant leurs impôts. Comme ça, ils restent en France et emploient plein d’ouvriers. D’ailleurs ça marche, en France il n’y a plus de délocalisations, l’emploi est exponentiel, pas de licenciements, et les pauvres gagnent plus. Face à un contre argument, sa réaction est systématique, huit secondes de regard vide, et un « arrêtez de dire n’importe quoi » ou un « non, c’est faux » agacé.
Pour résumer la verve de Nadine Morano c’est simple : une argumentation logique comme un film de Godard sous acides, assenée avec le calme et la douceur d’un catcheur sous amphétamines, qui s’adresse à son adversaire avant le combat. Enfin, l’élément récurrent de sa pensée : Nico est très beau, incroyablement intelligent, superbement charismatique, fabuleusement dynamique et monstrueusement bien membré. Les autres sont tous débiles, surtout les socialistes. On le voit, depuis l’élection de notre fantastique président, la France regorge de politiciens excellents, à la pensée profonde et novatrice, qui en referont un grand pays où tout est possible pour gagner plus en travaillant plus, tout en écoutant Didier Barbelivien. Amen.
samedi 9 mai 2009