O'zons

Les pubs à la con



Parfois, on est heureux que les campagnes publicitaires ont une durée limitée de diffusion télé. Celle qui est l’objet de cette chronique ne passe plus, heureusement, mais l’envie d’en parler quand même est trop forte.

Encore plus crétin que les assurances trop sympa qui remboursent tout par pur amour de son prochain, plus débile que les crèmes de beauté qui vous rendent riche, jeune et belle quand vous êtes moche, pauvre et grabataire, plus perfide que les banques qui vous offrent des crédits et ne prennent jamais d’AGIO ; le gouvernement lui-même nous propose des messages sans queue ni tête et nous prend pour des singes, même pas savants. La première fois que votre serviteur a vu la chose, c’était sans le son, car vous l’avez sûrement remarqué, au moment de la pub, on croit toujours avoir monté le son au maximum en s’asseyant sur la télécommande, donc on a tendance à appuyer sur « mute », pour arrêter cette agression auditive. Bref, à l’image : une gonzesse morose en train de nager dans la piscine. Une pub pour le chlore ? Le shampooing ? Les sandales Schott ? Le Prosac ? Non rien de tout ça, elle sort de l’eau, avec sa tronche de gothique qui s’apprête à se trancher les veines, c’est là que s’affiche le message de notre bon ministère de la santé : la drogue c’est pas bien, puis son visage s’illumine. Déduction, elle se drogue à l’héroïne, c’est comme si elle vivait sous l’eau et le gouvernement l’aide à s’en sortir. Pourquoi pas, mais non en fait. Après une nécessaire deuxième vision avec du son, tout s’éclaire : sa fille fume du cannabis, mon Dieu quelle horreur, sa vie est en danger ! Donc la mère va à la piscine, c’est logique, ou pas. Mais attention, le message hautement philosophique se révèle : maman a appelé le numéro affiché pour dénoncer sa petite salope de junkie de fille, et maintenant l’adolescente est en prison, bien fait pour sa gueule. Donc la mère s’isolait dans le silence des eaux cristallines de la piscine municipale, parfumée au chlore et à la pisse, mais maintenant qu’elle a balancé sa fille, elle a la conscience tranquille. Donc n’hésitez pas à honorer la tradition française des années 40, dénoncez.

dimanche 22 janvier 2012