O'zons

Législatives : le génocide à venir



Après une longue absence, due à un abus de diverses substances, suite aux résultats du premier tour, nous sommes de retour. Passés les litres de vomis et les envies de meurtre, nous nous sommes résolus à voter Flanby, encouragés par le débat d’entre deux tours.

Les deux pseudo-super-héros de la politique se sont donc (enfin) affrontés en face à face, tels deux cowboys dans un film de Sergio Leone. Le débat a été sanglant, un véritable massacre barbare, terminant dans un bain de sang et de tripes. La surprise en l’occurrence, c’est que ce n’est pas Sarkozy qui reprend le rôle de Conan le Cimmérien et se retrouve hurlant à la lune, la tête et quelques bouts de colonne vertébrale à laquelle restent enroulés des morceaux de boyaux, de son adversaire. L’impensable s’est déroulé sous nos yeux ébahis, un Flanby en béton a littéralement écrabouillé la gueule de la souris sous amphétamines. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que le petit Nicolas s’est laissé faire, mais le gros fromage a esquivé quand il fallait, et n’a pas hésité à rendre les coups. Le résultat on le connaît, on ne va pas épiloguer. Mais si vous pensiez être un moment délivrés des joutes en français du seizième siècle, vous oubliez un détail : les législatives. Le troisième tour a donc commencé et les habituelles rengaines reviennent, telles les hirondelles chiant dans le ciel en ce joli mois de mai. Le PS va implorer une majorité pour pouvoir faire le changement et l’UMP pour l’empêcher. Malgré une victoire annoncée des socialistes, les autres vont tenter de prendre leur revanche. Sauf bien sûr les Verts, qui sont déjà à la soupe de la soumission, le froc bien baissé, dans l’espoir d’obtenir des sièges et des ministères.

Mais concentrons-nous un instant sur l’UMP, qui a du mal à se concentrer justement. D’abord tentés par un suicide collectif à la gloire de leur chef vénéré, tombé si injustement au combat après une overdose de flan au caramel, ils se décident à repartir au combat, unis mais dans la diversité (sic). Traduction de cet aphorisme creux et oxymorique : la droite à un bâton de dynamite dans un orifice et est au bord de l’explosion. La dérive vers les idées du FN, en plus d’avoir été inutile, agaçait depuis un moment l’aile centriste qui, n’écoutant que son courage a fermé sa gueule pendant tout le quinquennat et voit bien venir, malgré les déclarations du président sorti, des alliances avec le parti bleu marine (re-sic, et ressac). On peut donc présager un joyeux bordel à l’UMP, avec d’un côté, les Kosciusko-Morizet, Raffarin et autres Baroin, et de l’autre les Guéant, Hortefeux et autres Morano, quand elle aura, bien-sûr, terminé de se masturber en regardant l’autographe de Nico. Une division qui devrait faire plaisir à Bayrou, qui pourrait récupérer quelques brebis égarées dans des pâturages autrefois plus cléments, à moins qu’il n’arrive à établir quelques alliances avec le PS, idée qui divise déjà les socialistes.

Ce bel imbroglio électoral, au-delà du mal de tête qu’il procure, pourrait surtout arranger le FN, impatient de remplacer l’UMP, à la tête de l’opposition et doit emmerder le Front de gauche, coincé entre son éthique et des alliances PS, nécessaires à l’obtention de quelques sièges. Seule solution, le quitte ou double, parce qu’au Front de gauche, on est pas des fillettes, on rentre dans le tas et tant pis si on se brise les os. Non, on est des vrais durs, et comme Rambo, on se recoud les blessures avec une aiguille et du fil. Dans cette optique, Mélenchon montre l’exemple et décide d’aller affronter la fille à papa, chez ses 30 et quelques pour cent de fans de Hénin-Beaumont. Un peu kamikaze, mais tellement gonflé que ça suscite l’admiration, et une ovation s’il gagne.

En attendant que ça pète, comme un bon film d’action bien bourrin, on s’emmerde copieusement comme dans un film de Lars Von Trier, condamnés à spéculer sur le futur mandat Hollandais. On ne sait rien sur le futur gouvernement, sur la tenue ou non des promesses, ni si celles-ci ne vont pas nous mener à la ruine. Ce qu’on sait encore moins, c’est l’influence de la première dame. En tous cas, madame ne se prend pas pour une merde et commence à évincer Julien Dray. On admet qu’il a l’art de cumuler la mauvaise pub et d’avoir des amis encombrants, mais de là à se priver de ses compétences, c’est un peu idiot. Le président normal a déjà une femme qui choisit l’entourage et un jet privé, à quand les Ray-Ban, les casseroles, le Fouquet’s, et le yacht de Bolloré ?

samedi 12 mai 2012