Grâce à nos amis les sondeurs et leurs incroyables pouvoirs de divination, le 22 avril prochain, vous pourrez rester chez vous, et vous adonner à la pratique intensive de la sieste provoquée par Drucker. Non, pas la peine d’aller voter si vous voulez donner vos voix à quelqu’un d’autre que Sarkozy et Hollande, ils sont déjà au deuxième tour. C’est bien, on gagne du temps. Mais avant, faisons tout de même un petit retour sur cette semaine ou les deux surhumains nous ont exhibé leurs muscles, merci les stéroïdes.
Hollande, galvanisé, comme une horde de fans de Manowar devant un combat au glaive, se gargarise de ses sondages et des commentaires élogieux de quelques journalistes, pressés de retourner leur veste, en vue de la probable élection du champion soporifique. Pourtant on se demande bien pourquoi, quand on a vu le discours du Bourget. Pompeux à souhait, Flamby nous a fait une démonstration de ses super pouvoirs hypnotiques. Une heure de phrases toutes faites, pompées ici et là dans les discours d’autres candidats, de Kennedy à Sarkozy, déclamées comme un comédien qui surjoue du Phèdre. Tout ça pour dire pas grand-chose et confirmer qu’Hollande est socio-démocrate, une pincée de social, un vide juridique sur les postes de fonctionnaires, des mesurettes sur les transactions financières, bref un repas bien fade, dont il manque le sel qu’on attend tous : le pouvoir d’achat. Pour prouver ses incroyables pouvoirs de provoquer un lourd sommeil, il faisait le soir même l’émission de Pujadas. Mission accomplie, on confirme, Hollande atteint les sommets de la chiantitude aigüe, toujours aussi mou et hésitant, le candidat du PS est aussi convaincant que Céline Dion qui reprend AC/DC, Michael Vendetta qui se lance en politique, ou Paris Hilton qui nous annoncerait qu’elle se lance dans la littérature et l’humanitaire. Face à Juppé, il a tout de même prouvé que son projet est cohérent, malgré sa froideur et son manque d’humilité. Hollande se la pète, se prend carrément pour Superman, un peu comme un frisé à lunettes en 2002, qui a fini sa carrière à l’île de Ré, son nom m’échappe.
Se sentant humilié et détesté des français, le président passe à l’attaque. Après avoir fait son Caliméro dans la presse, il continue son numéro de pauvre victime qui a le courage de faire des réformes impopulaires qui vont, un jour indéfini, redresser la France. Dans une interview hier sur toutes les chaînes, des journalistes de droite ont odieusement attaqué notre président, pour lui voler son slip et s’enivrer de ses effluves quasi divines. Claire Chazal a eu trois orgasmes consécutifs, buvant les paroles de son héros comme de l’hydromel et finissant même ses phrases. Sur le fond, Sarko nous refait la même intervention à chaque interview, prenant son petit ton mielleux de mec super sensible, qui nous livre ses émotions et ses souvenirs, comme une vieille putain dans ses mémoires. Sarko réussit des prouesses de Salomon, sévère mais juste, allant jusqu’à proférer des idioties phénoménales sans que personne ne relève. Augmenter la TVA, mais en octobre, sans que les prix bougent. En matière de super pouvoirs, on est servi.

Enfin, Marine Le Pen aussi, passe en vitesse de croisière d’un bateau qui coule, nous livrant un numéro d’actor’s studio : s’indigner contre le piston, quand son père vous donne les clés de son parti, prouve un pouvoir de foutage de gueule illimité. Devant cette super équipe de mythomanes, on reste sceptique devant l’avalanche de sondages qui les placent en tête, et on comprend mal les hordes de fidèles en transe qui les idolâtrent sans réfléchir. Il reste encore plus de trois mois, ça pourrait changer.
lundi 30 janvier 2012