O'zons

LE JUSTE PIF



Depuis quelques temps, TF1 a trouvé une nouvelle idée géniale pour combler les trous entre les espaces de cerveau disponible pour Coca-Cola. Au lieu d’inventer de nouveaux programmes, c’est chiant, coûteux si ça ne marche pas et surtout demande du travail et du talent, ce qui n’est pas franchement la norme chez leurs employés ; ils remettent au goût du jour des vieux programmes qui nous collaient déjà la gerbe dans les années 80. Surfant sur la vague de nostalgie (aussi compréhensible qu’un éventuel retour de Danielle Gilbert qui nous présenterait celui de Nicoletta en duo avec Ringo), nostalgie, donc, qui anime, depuis l’élection du nain hystérique, l’espace de cerveau disponible de nos compatriotes, TF1 essaie de nous faire croire que les 80’s étaient l’Annapurna de la création audiovisuelle. Pour la peine, ils nous ont ressorti de la naphtaline toutes les déjections déjà décomposées par des lombrics putrides, de leur armoire gastrique. Le cauchemar a commencé il y a peu avec le retour de l’insupportable Dechavanne. Il paraît que les français le réclamaient, tout comme Sabatier, les dents du PAF, et aussi Jacques Chirac. On reste stoïque, on l’avoue, quand on le voit faire le clown dans les soirées paranormal, à La Roue de la Foufoune, ou plus récemment dans Une Famille en Or. Parlons-en tiens. Un des concepts les plus débiles de la télé, deux familles érudites comme un livre de Marc-Olivier Fogiel, doivent trouver un mot par associations idées, si j’ai bien compris. Évidemment, comme les symboliques sont toujours subjectives… il paraîtrait que cela rend l’émission passionnante.

Mais ils ont fait mieux, ne reculant devant aucune audace, pour mieux sodomiser leur public lobotomisé, ils ont osé confier à Cauet, l’exception culturelle française, spécialiste ès actrices de porno, une émission encore plus beauf que lui (si c’est possible) : Tournez Manège. Honnêtement, jusqu’à ce que je voie ce phénomène paranormal de mes propres yeux, (si je l’ai vu, je le jure sur ma mère, wallah, le Coran de la Mecque et j’étais sobre en plus), je pensais qu’il s’agissait d’un sketch des Inconnus.

Mais tout cela n’est rien, il y a des choses plus graves, les attentats terroristes, la misère et surtout, le Juste Prix, présenté par Lagaf. Ah, Lagaf, la beaufitude incarnée à lui tout seul, tellement blaireau qu’à côté Cauet et Patrick Sébastien sont aussi chiants qu’une Tema d’Arte sur l’histoire de l’art contemporain racontée par Jean D’Ormesson. Ce type est tellement pathétique qu’on se demande sérieusement s’il est réel. Si on en croit Wikipedia, Lagaf serait un humoriste, mais il est précisé que l’article ne cite pas suffisamment ses sources, tout s’explique. En fait, son vrai métier est GO au Club Med, où un jour, en allant pisser il constata que le lavabo était vraiment beau (oui, il pisse dans le lavabo). Puis après avoir participé aux Grosses Têtes, il y entendit que les arabes étaient des voleurs et écrivît La Zoubida. Puis il présenta des émissions culturelles comme le Bigdil et L’or à l’appel. Lassé, il délaisse les jeux d’argent pour présenter Le Juste Prix, une émission littéraire.

Le Juste Prix, pour les chanceux qui ne l’auraient jamais vu, est un jeu d’adresse et de culture générale. Le but est d’arpenter les magasins But, au lieu d’aller bosser et d’apprendre par cœur tous les prix. Quand on a accompli ce geste hautement symbolique sur le plan métaphysique, on est prêt à participer à l’émission et à venir regarder des chaudasses qui se frottent sur des objets d’électro-ménager, pendant que le génial présentateur harangue la foule en leur demandant s’ils veulent, je cite : gagner du pognon. Alors, ils disent un chiffre au pif et s’ils gagnent, ils peuvent redire un autre chiffre au pif, démontrant ainsi leur aptitude déconcertante à dire des chiffres au pif et à gagner du pognon en sautant au cou de l’animateur, à défaut de pouvoir lui sucer la bite. Il paraît que c’est génial, mais mes capacités intellectuelles étant limitées, il semblerait que je ne saisisse pas la haute portée philosophique de l’émission. Je m’en excuse.

mercredi 20 janvier 2010