O'zons

LE CHANGEMENT, SI JE MENS



Comme à l’accoutumée dans le petit microcosme des médias et de la politique, les deux interagissent de manière permanente. Il est alors logique que, conséquemment aux attaques de la presse envers Hollande depuis deux semaines, que celui-ci contre-attaque, avec son arme la plus usitée : la communication. Notre président, toujours si déterminé à être dans la norme, est donc passé à la télé, pour nous endormir, euh… non, nous rassurer.

Il nous rassure en tous cas sur un point, c’est bien un homme politique. Le journal de Claire Chazal fut le pupitre d’une démonstration de langue de bois, ponctuée d’hésitations et de bégaiements, comme notre Flanby préféré en a le secret. Là où cela devient anormal, c’est quand on a l’impression de voir son prédécesseur, qui entre deux mouvements d’épaules et de retour de questions à l’envoyeur à la place des « euh… », tenait à peu près le même discours. C’est la crise, dans un an, vous verrez ce sera la croissance, le chômage va baisser, tout ça… Notons tout de même une grosse différence, Hollande débute son mandat avec le bilan du grand neurasthénique, alors que l’autre avait déjà cinq ans d’exploits derrière lui, mais à part ça, on garde quand même une impression de brassage de vent. Ceci étant dit, on peut passer à l’analyse des actions qui en découlent. Pour lutter contre le chômage, le gouvernement propose une loi révolutionnaire : le mariage gay. Ah, non, on me fait signe que je m’emmêle un peu les pédales, pardon, les pinceaux. Bien que constitutionnel que les homos aient enfin les mêmes droits que les hétéros, il faut reconnaître que la promptitude du PS à instaurer cela, laisse supposer que c’est plus important que le reste. Officiellement, la solution au problème du chômage : les emplois jeunes et autres contrats d’avenir. On l’a vu sous Jospin, rien de tel pour faire baisser les chiffres et le pouvoir d’achat avec. Entre un RMI et un mi-temps de six mois, il y a autant de différence qu’entre Vincent McDoom et Michel Serrault en Zaza. Si on écoute le PS, Vincent McDoom est la nouvelle Beyoncé et Harlem Désir, le nouveau Obama. Ooooh, la belle transition, oui je sais, je suis génial, esthétiquement parfait mais surtout très modeste, je comprends que vous soyez jaloux. Harlem Désir est donc le nouveau chef du parti. Comme à l’accoutumée, les socialistes privilégient la démocratie et la multitude de choix, oui il y avait aussi Cambadélis, mais son pacte avec Aubry et DSK d’avant les élections, aurait donné une impression d’arrangement. Alors que là, ben là aussi en fait… Le changement, ça prend du temps.

UMP Père

De l’autre côté de la force, on cherche encore le nouveau Darth Vader. Maintenant il n’en reste plus que deux (NKM et Lemaire n’auront probablement pas les 8000 soutiens et Bertrand est déjà sur 2017, et sûrement sous drogues) mais comme le disait le grand philosophe Christophe Lambert : « il ne peut en rester qu’un. » Le combat continue donc jusqu’en octobre, désigner celui qui aura l’honneur de mener ses troupes au massacre des prochaines élections (2014, on a le temps). D’ici là on se demande bien ce que va faire la droite, un tennis, un golf, que sais-je ? Pour l’instant, les deux champions, Copé et Fillon se contentent de faire la tournée de leurs militants dynamiques, le sweat sur les épaules et les mocassins à glands qui flottent au vent. Fillon, multiplie les phrases cryptiques du genre : il faut plus de France et plus d’Europe. Il faut plus de droite et plus de gauche, il faut plus de roms et plus d’expulsions, il faut plus de sel et plus de poivre, il faut plus de vieux à l’UMP mais aussi des jeunes, il faut une idée, vite. Quand il en a une, on se rend compte que ça valait vraiment le coup d’attendre : « Je propose une formation professionnelle aux demandeurs d’emplois pour qu’ils participent aussi à l’amélioration de la compétitivité », bravo, prochaine étape, il proposera un service public qui aidera les chômeurs dans leurs démarches, il l’appellera Pôle Emploi. Enfin, la vraie nouvelle de la semaine c’est le choix de Morano, il paraît qu’elle hésitait, mais on est super rassuré, elle a choisi Copé. C’est vraiment passionnant, d’ailleurs pour continuer sur sa lancée, dès lundi prochain, Nadine nous dira si elle va faire des macaronis ou des nouilles, si elle préfère Sardou ou Barbelivien ou si elle met des strings ou des culottes et au bout de combien de jours ça devient jaune et parfumé. On est tous très impatients.

lundi 17 septembre 2012