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JACK LANG : Papillon de lumière



Le PS étant sous les feux des projecteurs en cette fin d’année, c’était l’occasion rêvée de faire un petit portrait sympathique de celui qui repère une caméra à 150 kilomètres, Jack Lang, bien-sûr. Car, comme tous les socialistes traîtres potentiels à la cause, il est très populaire. Icône de la gauche caviar, praticien chevronné de la langue de bois, il adore qu’on parle de lui. Accordons-lui l’honneur de se faire casser.

Il est énervant, Jack. Car, comme tout politicien doué, il possède la capacité de retourner toutes les situations à sa faveur. On sait qu’il ment, qu’il serait capable de défendre le contraire exact de ce qu’il dit avec la même conviction, pourtant dès qu’il a fini de parler, on le trouve sympathique. Pour couronner le tout, il a toujours fait du bon boulot à la culture et à l’éducation. Malgré tout, si l’on creuse un peu, il devient assez aisé de lui trouver des défauts. Déjà, Si on réfléchit deux secondes (pas plus, sinon c’est fatigant) à part des inaugurations, des créations de subventions pour la musique moderne et refaire la déco du bureau du ministère à la mode expressionniste, il a fait quoi ? Les colonnes de Buren, génial, c’est beau comme un lampadaire et c’est utile comme un anus sur le front. Bon, il faut quand même le remercier pour la fête de la musique. Grâce à Moumoute, tous les étés on peut voir des blaireaux dégueuler dans les rues en écoutant des musiciens ratés massacrer des chansons déjà pourries. Trop cool, et la Love Parade, merde, c’est important quand même ! Bon, niveau action, c’est finalement pas terrible, sinon, niveau humain ça donne quoi ?

Ancien comédien, prof de droit, le roi du brushing aurait aussi bien pu être champion de poker ou dentiste. Démago professionnel, il adore faire des sorties lyriques enflammées sur les droits de l’homme et l’horreur de la guerre, du cancer et de la misère. Rapide au démarrage, on l’a déjà vu partir dans de magnifiques diatribes, le poing levé, le front plissé et les sourcils froncés, puis, dire carrément le contraire sur le même ton, en apprenant qu’il prenait le bourreau pour la victime ou surtout, que l’opinion publique avait changé d’avis sur le sujet. De la même manière, début 2007 il massacrait Ségolène Royal, qui selon lui était ringarde et sans idées, pour mieux la soutenir dès qu’elle fut élue candidate à la présidentielle, devenant, ainsi, aussi critique qu’un apôtre envers Jésus. Aussi fidèle que Judas, il a évidemment soutenu Martine Aubry pour son élection de première secrétaire.

Naturellement, Robojack n’est pas une girouette par amnésie ou tendances lunatiques, mais, comme tous ceux de son espèce il est évidemment opportuniste, toujours du côté du vent pour mieux planer vers des cimes présidentielles. En 95, il essayait déjà de parasiter Jospin en le traitant de loser. Pour une fois, il disait la vérité mais avec quelques années d’avance. Lionel se venge en 97, l’excluant avec jubilation du gouvernement gauche plurielle. Jack, dégouté, se retire un peu de la vie publique, pour se consacrer à la mairie de Blois, qu’il gère depuis 89. Entre deux cocktails et trois inaugurations, (tout le monde le croit encore ministre de la culture, autant en profiter), il prépare sa vengeance machiavélique, niark, niark, niark. Il aime Blois, mais moins que Paris quand même, où il se présente à la mairie en 2000. On lui préfère Delanoé, alors, il fait semblant de se retirer de son plein gré, pour avoir l’air modeste. Le problème c’est que sa promptitude à se présenter et à se retirer, le rend aussi crédible qu’Eve Angéli en conférencière sur la physique quantique. Mais il s’en fout, il recommence en 2007 en sortant un bouquin candidature chiant comme un monologue de Michel Houellebeck, où il pompe sans vergogne les idées de Peillon et Montebourg sur la VIème république. Tout ça pour ne pas se présenter.

Aujourd’hui, il a tellement retourné sa veste et massacré ses camarades qu’il ne lui reste plus qu’à rejoindre le camp adverse. Vu qu’il a déjà participé à une commission proposée par Mini-Moi, notre président ; et qu’il l’attaque avec autant de passion que Doc Gynéco qui parlerait des ravages du cannabis ; le pas devrait être assez facile à franchir pour faire partie du gouvernement au prochain remaniement.

dimanche 30 novembre 2008