O'zons

INGLOURIOUS BASTERDS



DE QUENTIN TARANTINO, AVEC BRAD PITT, ELI ROTH, MELANIE LAURENT, DIANE KRUGER, CHRISTOF WALZ, MICHAEL FASSBENDER, DANIEL BRÜHL, TIL SCHWEIGER, DENIS MÉNOCHET, JACKY IDO…

En France pendant la deuxième guerre mondiale, deux complots se préparent pour tuer Hitler, l’un par des anglais et un escadron de Juifs américains, l’autre par une jeune Juive française incognito.

Inutile de tourner autour du pot, le dernier Tarantino est un chef d’œuvre. Petit bijou de cinéma de cinéphage pour cinéphiles ou l’inverse, sous ses airs de série Z parodique, le grand Quentin est un orfèvre méticuleux, soignant chaque scène, chaque seconde de pellicule, chaque virgule de ses dialogues cyniques et hilarants, chaque plan, capable de sublimer ses acteurs, comme toujours excellents, de remplir le vide et de transformer le superficiel en transcendant. Car, au-delà du film d’action à la 12 Salopards, ses Bâtards un peu crétins sont surtout là comme prétexte, comme emballage à un hommage vibrant au cinéma.

Inglourious Basterds n’est pas seulement une private joke entre critiques de ciné érudits et ronronnants, c’est l’illustration même de l’essence du septième art : la représentation d’une histoire, la sublimation d’une action. C’est de cela qu’il s’agit, car Tarantino n’est pas seulement un fan de Sergio Leone ou de Brian DePalma, il est déjà un maître et le prouve à chaque seconde, illustrant son propos à la perfection absolue, de son arme, la caméra. Toujours idéalement placée, ses mouvements sont millimétrés, comme l’auraient fait Mankiewicz ou Kubrick. Plongées, contre-plongées, rotations, ici, rien n’est inutile, et même quand ça l’est, ce n’est jamais pompeux et encore moins lassant. On reste hypnotisés par le talent de raconteur du maître, et abasourdi par l’esthétique brillante de l’image où une simple descente d’escalier de Mélanie Laurent peut entraîner des larmes. En apparence, la teneur du message est plutôt légère, on peut ne voir ici qu’une reconstitution de la France occupée avec le scénario des 12 Salopards, ou un simple film de vengeance, ce serait une lourde erreur, car le perfectionnisme acharné de chaque plan, vient renforcer le vrai sens de ce film : le pouvoir du cinéma. Un art mineur pour beaucoup, un art essentiel, vital pour Tarantino, capable de changer le cours de l’histoire.

mercredi 30 septembre 2009