O'zons

GREEN LANTERN/CAPTAIN AMERICA/CASE DEPART/LA PIEL QUE HABITO/ LA PLANETE DES SINGES



GREEN LANTERN

(USA 2011) DE MARTIN CAMPBELL, AVEC RYAN REYNOLDS, BLAKE LIVELY, PETER SARSGAARD… Hal Jordan, pilote de l’armée, est désigné par un extra-terrestre comme son remplaçant dans le Green Lantern Corps, une police intergalactique. Il reçoit un anneau, qui lui donne des pouvoirs surhumains. On a du mal à croire que c’est le réalisateur de Casino Royale, un des meilleurs 007, qui s’est livré à cet acte de barbarisme. Mais que c’est laid tout ce vert fluo ! Un scénario bâclé (bien que relativement fidèle au comic book de DC), des dialogues de dessin animé, et un personnage, faux modeste qui adore poser en postures super-héroïques. Malgré un bon départ, principalement les scènes spatiales, Green Lantern s’égare vite dans l’accumulation stérile de scènes aériennes à la Top Gun et d’actes de bravoures simplistes : exemple, Hal voit sa copine poussée dans le vide par le méchant (oh qu’il est méchant ce méchant !), alors, il crée illico une rampe vert fluo avec sa super bague.Waouh, pure action, on est soufflé. Après la vision de Green Lantern, on se sent comme un dimanche après-midi après un épisode de Loïs et Clark, mais pire.

CAPTAIN AMERICA, THE FIRST AVENGER

(USA 2011) DE JOE JOHNSTON, AVEC CHRIS EVANS, HUGO WEAVING… Pendant les années 40, Steve Rogers, un jeune patriote malingre, cherche à tout prix à s’enrôler dans l’armée. Cobaye du « programme super-soldat », un sérum le transforme en surhomme. Sa route va croiser, celle de Crâne Rouge, son équivalent nazi, chef de HYDRA, les services secrets de recherches paranormales allemandes, à la recherche du Cube d’Odin.

On aurait pu, à l’instar de Green Lantern, ne s’arrêter que sur les scènes de bravoure du surhomme américain, la bannière étoilée pour costume, dans des ralentis triomphants, une explosion en arrière plan, avec des trompettes synthétiques pseudo épiques en fond sonore. Mais la différence ici, c’est qu’il y a un scénario. Et, suivant la tradition des films de Marvel, on retrouve l’esprit des comics, tout en proposant une histoire originale synthétisant des décennies d’épisodes. Captain America est donc la pièce finale qui mène aux Vengeurs, (Avengers, sortie fin avril) liant ainsi le mystique de Thor, le technologique d’Iron Man et le scientifico-militariste de Hulk, recréant ce tout cohérent qu’est l’Univers Marvel. Mais au-delà de ces considérations qui échapperont aux néophytes, Captain America est avant tout un film d’aventures extraordinaires à la Indiana Jones, spécialité de Joe Johnston. Normal, il s’occupait déjà des effets visuels sur Les aventuriers de l’Arche perdue. Il a travaillé ensuite sur des films mineurs : les épisodes IV e V de La guerre des étoiles. Réalisateur entre autres de Rocketeer, Jurassic Park 3, Jumanji, et Chérie j’ai rétréci les gosses, il est rôdé au cinéma familial, et on retrouve ici un cocktail équilibré de tous ces films. Son sens de l’esthétisme, le dynamisme et la rythmique calibrée de ses plans, ainsi qu’un scénario simple mais carré, et des dialogues décontractés et un brin ironiques, font de Captain America, un divertissement plutôt sympathique.

CASE DÉPART

DE THOMAS NGIJOL, FABRICE ÉBOUÉ, LIONEL STEKETEE FABRICE ÉBOUÉ, THOMAS NGIJOL, STEFI CELMA, ERIQ EBOUANEY… Deux frères parisiens antillais, qui ne se connaissent pas et que tout oppose, sont réunis à la mort de leur père. Ils héritent de l’acte d’affranchissement de leurs ancêtres esclaves, et la déchirent, une vieille tante leur jette un sort, les envoyant au temps de l’esclavage. Premier bon coup pour les meilleurs comiques du Jamel Comedy Club. Ngijol et Eboué nous livrent une comédie souvent hilarante et toujours intelligente, parvenant en règle générale à slalomer entre les clichés d’un sujet casse gueule. Une avalanche de gags parsème un discours ultra cohérent sur le racisme, sans se la jouer Spike Lee pour autant, ça le fait.

LA PIEL QUE HABITO

(ESP 2011) DE PEDRO ALMODÓVAR, AVEC ANTONIO BANDERAS, ELENA ANAYA, MARISA PAREDES, JAN CORNET … Hanté par la mort de sa femme, brûlée vive, un chirurgien cherche à créer une peau artificielle, plus résistante, qu’il teste sur un cobaye, prise en otage chez lui. Le dernier Almodóvar est énervant. Non, ce n’est ni la maestria du réalisateur ibère, ni le scénario, tiré du livre de Thierry Jonquet, que je n’ai pas lu, mais des petits détails de ces deux éléments. Tout d’abord, l’overdose de flashbacks, qui brouillent la lisibilité. Au milieu du film, on ne sait plus qui est qui et quand ça se passe et c’est très agaçant. Néanmoins, la confusion identitaire étant un thème majeur du film, la traduire et la communiquer au spectateur par le biais de la mise en scène, peut vite être considérée comme inhérente au talent d’Almodóvar. Ce qui dérange vraiment dans le film, c’est la confusion dans le propos et le paradoxe qui s’en dégage : l’auteur dresse une galerie de personnages plus ou moins immoraux et en guise de justice, leur réserve une punition (divine ?). Non seulement le réalisateur nous impose un diktat de moralité, distribuant les sentences comme un juge suprême qui décide de la gravité du péché commis, mais en plus de cela, de manière inconsciente ou pas, punit aussi les victimes, comme par hasard les femmes. Si on y ajoute, l’humour cynique, qui peut soit désamorcer les scènes de viol ou de torture psychologique, soit banaliser l’acte. Si on met tout cela en parallèle avec sa fascination obsessionnelle du transsexualisme, il est difficile de ne pas voir une misogynie exacerbée, chez celui qu’on prétend féministe, uniquement pour avoir donné des grands rôles à Carmen Maura, Marisa Paredes, ou Victoria Abril. Mais tout cela, il faut bien le reconnaître, relève de l’interprétation personnelle, on peut aussi bien n’y voir qu’un excellent thriller, avec les thèmes chers à Pedrolito : la cruauté, la manipulation, la domination et l’identité.

LA PLANETE DES SINGES : LES ORIGINES

(USA 2011) DE RUPERT WYATT AVEC JAMES FRANCO, ANDY SERKIS FREIDA PINTO, JOHN LITHGOW...

Un jeune biochimiste travaille sur une formule contre la maladie d’Alzheimer. Suite à un incident avec les singes cobayes, ses crédits sont retirés. Le chercheur décide d’emmener, le nouveau-né de son cobaye principal, son intelligence se révèle hors du commun. Bonne surprise que ce prequel de La planète des singes, on rêvait de savoir précisément comment les événements se sont enchaînés pour que les simiens prennent le pouvoir. La force du film, au-delà de son propos, qui, sous ses airs anodins, symbolise notre propre genèse et tranche entre la version darwinienne ou créationniste ; réside dans sa maîtrise du rythme, de l’équilibre entre dialogues et action et de la progression scénaristique, comme souvent à Hollywood. On n’évite malheureusement pas les écueils des blockbusters américains, l’overdose de musique pour nous dire à quel moment il faut pleurer et le manichéisme de beaucoup de personnages.

dimanche 22 janvier 2012