O'zons

Faîtes la guerre, pas l’amour



Génial c’est la guerre. Sur tous les plans. D’abord la bonne vraie, comme on l’aime, avec du sang, des morts, des viscères en plein air, le panard, quoi. Irak, Afghanistan, Géorgie et toutes celles qu’on oublie bizarrement en Afrique. En France la guerre sous-marin contre les sans-papiers, les profs, les pauvres ; les guérillas internes de partis politiques, de positionnement pour la prochaine présidentielle, en France sans le dire et aux USA, retransmise par la presse mondiale. Bref, le spectacle sinistre d’une intelligentzia au comportement barbare et, disons-le, un peu con, qui s’entretue avec le sourire pour le pognon et le pouvoir. La routine.

C’est beau des gens qui s’étripent.

C’est la guerre à la mode, on connait les faits, la Géorgie a envahi l’Ossétie du Sud, les russes, pas contents, on envahi la Géorgie pour pacifier en tirant sur tout ce qui bouge. Du coup les ricains copains des géorgiens s’en mêlent, c’est la merde, on frôle la guerre froide, Sarko, président de l’Europe ordonne en chuchotant à la Russie de lâcher l’affaire. Bon ça s’arrange, sauf pour le peuple d’Ossétie, bien-sûr. L’essentiel, le gaz naturel, est sauf, la démocratie et la morale moins. En Afghanistan, aussi on s’éclate (surtout la cervelle) et c’est à la mode. Surtout depuis que des soldats français sont morts et que Paris Match interviewe les coupables. Avant on ne tuait que des civils innocents afghans, ce doit être moins grave. On savait que Sarkozy pensait comme son amoureux Doboliou, maintenant on sait que les journalistes français font pareil que leurs collègues d’Outre-Atlantique : tant que nos troupes tuent, c’est la lutte contre le terrorisme et la pacification, quand on tue nos troupes, on émet l’hypothèse qu’on est en guerre. Zut, j’ai dégueulé sur mon clavier. Le problème de l’engagement de l’occident en Afghanistan n’est pas de vouloir anéantir des barbares barbus à la très libre interprétation du Coran, au risque de subir chez nous leur vengeance, mais plutôt la manière employée. Depuis 2001, la situation est la même dans les villages, la misère et l’exploitation ; on tue les gens qu’on est sensé libérer et on n’a pas encore réussi à capturer Ben Laden et ses trois talibans qui jouent à cache-cache dans la montagne entre deux sodomies chevalines. En revanche on a trouvé du pétrole, c’est déjà pas mal en sept ans.

La guerre des ego.

En France c’est la paix, tout va pour le mieux dans le pays de Casimir. Le pouvoir d’achat augmente, nous sommes tous heureux, on ne chasse plus les sans-papiers à coup de trique, les RMIstes vont enfin être plus riches en travaillant, et c’est même pas la classe moyenne qui va continuer à payer. Ah si, désolé. Mais non, ne soyons pas aigri, quelle chance d’habiter la France, comme disait le philosophe Joey Starr, ce pays qui sent si bon la pisse et la charité chrétienne. D’ailleurs Benoît 16 nous a bénis, c’est vraiment rassurant. D’autant plus que le parti socialiste est enfin prêt à nous tirer des griffes acérées de la droite bling bling. Enfin pas tout de suite, juste le temps d’avoir un programme, un leader et d’être au pouvoir. On a déjà Kouchner, Besson et Fadela c’est déjà un début. On ne peut pas tout leur demander aux socialistes, non plus. Il faut déjà qu’ils préparent les présidentielles de 2012, 2017 et 2022, ils n’ont pas que ça à foutre que de s’occuper de nos petits problèmes de beaufs, quand même. Imaginez comment c’est compliqué d’élire un leader quand tout le parti est candidat. Ecoutons un peu Sainte Ségo qui se retire et incite tout le monde à faire de même. Un grand parti avec les leaders dans le frigidaire.

Ta gueule, je m’oppose !

Vu que le PS n’a pas le temps de s’opposer, ça laisse un grand couloir (de bus, ça fera plaisir à Delanoé) au révolutionnaire du Béarn. En fait, Bayrou c’est l’opposition à lui tout seul, il est sur tous les fronts. Contre le fichier douteux Edvige, contre le financement du RSA, contre Tapie à qui nos impôts offrent la cagnotte de l’Euromillion (« merci Nico, t’es un pote ma couille »), contre l’éviction du préfet corse (l’affaire Clavier, « merci Nico t’es vraiment un pote, o-kaaaaay »). On admire le courage de François et sa maitrise de l’outil médiatique, tout en se demandant qu’est-ce qu’il propose à la place. Un point commun de plus avec les socialistes, c’est peut-être lui le leader du PS. La gauche antilibérale s’oppose elle aussi, entre deux passage télé, mais manque aussi d’idées. La meilleure qu’ils pourraient avoir c’est de s’unir. Pas Che Besancenot d’un côté et Dany le Vert de l’autre, mais plutôt tous ensemble. On aimerait tant qu’ils s’arrêtent cinq minutes d’être cons et qu’ils voient leurs ressemblances au lieu de scruter leurs microscopiques désaccords. Car, au final, ceux qu’on voit le plus c’est Jack Lang, déjà prêt pour 2012, voire pour un poste de ministre, Villepin qui se place lui aussi, l’air de rien et Bayrou. Comme aux USA, la prochaine élection se jouera à droite.

La guerre des mondes.

Justement, parlons-en. Le monde est pendu aux lèvres couvertes d’herpès de l’Amérique. Dans l’espoir un peu fou, voire complètement, de voir un démocrate, Noir de surcroît, récupérer la maison blanche. Le match semblait gagné, mais le vieux facho a compris comment récupérer son électorat de connards conservateurs. Mc Cain sort l’atout Palin, et pose le flingue de Jésus sur la table. Du coup il reprend la main dans les sondages. Ne soyons pas défaitistes, Obama a des chances de gagner, il lui suffit de surfer sur la paranoïa, de parler de Jésus, de la grandeur de l’Amérique, de proposer une bonne guerre contre des arabes, de se goder avec un 357 magnum et de se blanchir la peau comme Michael Jackson. Il faut aussi espérer qu’il ne se fasse pas descendre par le Ku-Klux-Klan. Oui, ça fait beaucoup de « si ». Allez, ne vous supprimez pas tout de suite, si les astres sont avec nous, la France gagnera la prochaine coupe du monde.

lundi 6 octobre 2008