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EMINEM/DREAM THEATER/HEAVEN & HELL



EMINEM : Relapse

Sorti avant l’été et très bien classé dans les charts, ce n’est pas dans un but promotionnel que sort cette critique, mais bien pour saluer un fantastique album de Hip-Hop. Non ce n’est pas le meilleur Eminem et Dr.Dre, mais nous tenons là du grand rap, des samples particulièrement inspirés et originaux, et la folie de Marshall Mathers remonté comme jamais après sa cure de désintox’. Pour la peine il ressort son alter ego maléfique, Slim Shady, qui lui permet de faire des métaphores sur ses côtés obscurs. Ici, Eminem dresse un parallèle entre son addiction aux drogues et l’addiction au meurtre de Slim Shady, jusqu’au malaise. Il nous assène cela de son flow perfide et mitrailleur, qu’il a su faire évoluer, en modulation de vitesse et en musicalité. Il altère donc débits ultra rapides, plus funky, voire chantés et nous démontre encore une fois sa maestria légendaire.

DREAM THEATER : Black Clouds & Silver Linings

Il faut bien l’admettre, Dream Theater n’est pas un groupe très célèbre parmi le grand public. Petit rappel, donc pour les néophytes. DT est un groupe américain à qui l’on attribue la création du Métal Progressif, réputé pour ses chansons à rallonge (parfois 20 voire 40 minutes), très techniques et parfois au son un peu froid, malgré une approche assez mélodique.

Black Clouds ne fait pas exception à la règle et le premier titre nous laisse présager, un album insupportable, porteur de tous les défauts des virtuoses de Long Island. Riffs lourds de Thrash Metal apocalyptique, longueurs interminables, breaks à contretemps incohérents, continuité inexistante, solo de chaque instrument en même temps, pendant que James Labrie hurle des paroles aussi insensées que le nom du groupe, avec une voix de fillette quand il monte trop haut dans les aigus. Malgré ces effets énervants, qui provoquent la haine de leurs très nombreux détracteurs, Dream Theater arrivent pourtant à sauver leur album et à laisser une bonne impression dès la première écoute. En effet, au fur et à mesure de la progression, (c’est un peu le principe du rock progressif), les mélodies se décoincent jusqu’à l’émotion, les harmonies se forment et l’explosion musicale se produit. Chaque titre contient donc son concentré d’influences et sa capacité de plaire à telle ou telle approche du rock. Ses riffs oppressants mais entêtants à la Metallica, ses soli déchiquetés et symphoniques à la Iron Maiden ou Deep Purple ses constructions complexes à la King Crimson, Genesis ou ELP, et ses ambiances atmosphériques à la Pink Floyd voire dans le sublime Count Of Tuscany.

En résumé, Black Clouds & Silver Linings, bien que plus difficile d’accès et moins réussi qu’un Images & Words, par exemple, promet tout de même de beaux moments, mélodiques, épiques et parfois assez sauvages, poussant à reconnaître la maestria des musiciens. On recommande donc une écoute curieuse et prolongée et conseille vivement l’acquisition de l’opus en version de luxe, avec trois disques, le deuxième comprenant des reprises millimétrées de, Queen, Iron Maiden, Rainbow, King Crimson, Zebra et Dixie Dreggs et le troisième, tout l’album en instrumental, qui ravira les puristes, les métalleux qui détestent la voix de Labrie et les fans de karaoké.

HEAVEN & HELL : The Devil You Know

Encore un album qu’on n’entendra pas à la télé et qu’on ne verra pas à la radio, ni l’inverse. Le premier album de Heaven & Hell alias Black Sabbath des années 80. On attendait un album de haut vol, de la part du groupe de Tony Iommi, guitariste mythique dont les trois doigts entamés après un passé sidérurgique, ont par accident crée l’accord en triton, accoucheur du style appelé Heavy Metal !

Certes, reconnaissons que The devil you know contient quelques lourdeurs et que les riffs heavy sont parfois, en effet très pesants et lancinants, mais ce fut toujours le défaut de Sabbath. Au-delà de cela et du fait que Ronnie James Dio, autrefois parmi les meilleurs chanteurs de rock, notamment avec Rainbow, a perdu un peu de sa superbe et de son talent mélodique et nous gonfle un peu avec ses effets théâtraux visant à souligner ses textes sinistres de magie noire et autres délires vaguement diaboliques, Tommi Iommi rattrape vite cet écueil. C’est de fait, lui qui tient cet album et lui donne ses titres de noblesses. Envolées lyriques, breaks et soli sublimes, mélodies déchirantes et constructions apocalyptiques en apparence. Le tout est maintenu par les deux piliers Geezer Butler à la basse et Vinny Appice à la batterie. Bref, un album très technique, certes un peu énervant par moments, mais franchement inspiré pour des mecs qui ont plus de trente piges de musique derrière eux.

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mercredi 30 septembre 2009