D’abord diffusée sur Canal, qui prolonge l’agonie le jeudi soir, Cold Case est l’événement garantissant les dernières recettes publicitaires de la 2, avant le naufrage de la commission Copé. Des millions de cinéphiles sont scotchés devant ce truc, on se demande bien pourquoi.

Cold Case est une série Bruckenheimer, génial producteur de chef-d’œuvres comme Armaggedon ou Independance Day. On y voit Lily Rush et son équipe y résoudre à tous les coups, des affaires de meurtres qui étaient classées et retrouver le vrai coupable. Comme s’il n’y avait déjà assez de meurtres dans le présent. Comme toutes ces séries de flics de la télé publique américaine, on fonctionne sur un schéma préétabli qui se répète à chaque épisode. C’est un peu comme Bioman ou un film porno : quand on en a vu un, on les a tous vus. Ça commence toujours par le passé, où un tube radiophonique situe l’année du crime et un innocent meurt. C’est toujours des innocents qui meurent, les pauvres c’est si triste. Mais on ne sait pas qui l’a tué, ah, ah ! mystère et boules de gomme. Puis, comme par hasard l’équipe de Lily est contactée par un témoin, muet au moment de la première enquête. Donc, ils la refont, mais comme ce sont des héros, ils sont trop forts, et rien qu’en interrogeant les témoins, ils trouvent le coupable à chaque fois. Pour éviter la confusion, on nous montre les témoins tels qu’ils étaient avant, vu qu’en dix ans, certains ont carrément changé de tronche, de couleurs de cheveux, de poids et de couleur de peau.
Les techniques d’approches psychologiques des détectives de la brigade Cold Case sont super complexes. Ils demandent à chaque témoin de raconter leur version. Et eux, ben ils racontent. Malheureusement, pas de bol, ils avaient tous une raison de buter l’innocent, qui est vraiment un pauvre innocent, fauché par la mort au moment crucial où sa vie aller changer, c’est tellement triste. D’ailleurs la musique est là pour nous le rappeler, au cas où on n’aurait pas bien compris comment c’était vraiment trop triste. Mais heureusement pour nos super-détectives, le hasard fait bien les choses (ou plutôt les scénaristes), et il y a toujours un témoin qui a assisté aux minutes précédant l’odieux assassinat du pauvre innocent, blanc comme un agneau ; et qui raconte une autre version des faits. Lily Rose elle est très maline, dans son petit cerveau bien foutu, elle a tout compris : alors elle revient voir le premier témoin et elle lui répète ce que le deuxième a dit avec une pointe d’ironie à peine notable, pour bien nous rappeler que c’est pas parce qu’elle est blonde qu’elle a du yaourt dans la caboche. Soudain, le suspect se décompose et comme un con, au lieu de démentir, il avoue tout, sûrement sous le poids du remords, il préfère passer à la chaise électrique. Il faut préciser aussi que la version française est tellement bien faite que l’intensité dramatique y est exacerbée. Le doublage est aussi inspiré que celui des Feux de l’Amour : un homme pourrait faire une voix de femme sans que personne ne s’en rende compte. Les doubleurs, probablement oscarisés pour leurs saisissantes performances, transforment la série en parodie de Santa Barbara par les Inconnus.
Mais on s’en fout, car on a bien chialé pendant le flashback de dénouement. Car au cas où on n’avait pas fondu en sanglots au début, on se retape la mort du pauvre innocent, qui était si pur et plein d’espoir, c’est tellement triste. Mais là, c’est encore plus triste, parce que c’est son meilleur ami qui l’a tué au moment où il rencontrait l’amour de sa vie. Mon Dieu, je suis bouleversé. Mais heureusement, Lily Rush a trouvé le méchant coupable et l’a mis en prison où il sera sûrement condamné à mort, pour aller direct en enfer, rejoindre Satan et Saddam Hussein, le salaud. Le fantôme du pauvre innocent qui n’a jamais rien fait de mal et qui est donc très gentil, va pouvoir enfin aller au Paradis. « Oh merci Lily Rush, tu es si gentille d’avoir sauvé mon âme » semblent dire ses yeux pleins de reconnaissance, quelle émotion. Enfin, pour oublier tous ces malheurs, l’équipe de détectives top sympa et héroïques se réunit au bar de la Police, pour prendre une bière, avec modération bien-sûr, en se tapant sur l’épaule. C’est vraiment des mecs bien ces flics. Générique. Pub.
dimanche 30 novembre 2008