Il y a de ces ministres qui, non seulement nous font aimer la politique, mais aussi la république, son administration, ses institutions… Ah, la police française, que de souvenirs, Vichy, Charonne, … Brice Hortefeux est de ces hommes qui nous font aimer la France, terre d’accueil, pays des droits de l’homme, liberté, égalité, fraternité… Oui, Brice, grand pourfendeur du crime et défenseur de l’identité nationale et de la république, comme nous allons le voir.
Le grand et beau Brice Hortefeux nait à Neuilly Sur Seine, banlieue déshéritée, comme chacun sait, d’un père prolétaire (banquier) et d’une mère feignasse (professeur d’histoire-géo), mais nous lui pardonnons. Issu d’un milieu blanc et catholique, comme tout bon citoyen doit l’être, Brice réussit brillamment à apprendre des bouquins par cœur et acquiert une maitrise de droit. Il entre à l’Institut d’Etudes Politiques et réussit brillamment à ne pas obtenir son diplôme, probablement boycotté par un prof hippie gauchiste et drogué au cannabis. En 1976, il devient ami avec le demi-dieu Nicolas Sarkozy, lui aussi, injustement recalé dans toutes les grandes écoles. Ensemble, ils imaginent la France de demain, délivrée des communistes et des étrangers, où on ferait du pognon de manière éhontée, dans l’ultra libéralisme le plus débridé. Pour mieux concrétiser leur rêve capitaliste, ils partent rencontrer la matrice impure qui a chié cet avatar ignoble : l’Amérique. Après plusieurs orgasmes en visitant Wall Street, ils suivent des cours de marketing politique, pour apprendre à enfumer les cons avec des promesses bidons pour se faire élire, et le financement des campagnes électorales, à savoir, pomper le foutre des grands patrons pour leur soutirer du pognon et se le partager, l’élection venue. Ensuite, les deux clones trônent à la mairie de Neuilly et s’occupent de la future élection de Chirac.

Chirac, sachant repérer les traîtres, lui donne un poste fantôme en 2005, ministre délégué aux collectivités territoriales. Hortefeux n’est encore qu’une chenille gluante et visqueuse, il va désormais muter en papillon vénéneux, car sa moitié d’homme est devenu président de tous les français (de droite) et lui donne un poste à la hauteur des convictions vachement républicaines : l’immigration et l’identité nationale. Waouh, tout un programme d’ouverture sur le monde et de mixité ethnique, dans un métissage fort et épanouissant en écoutant du Zebda. Sous fond d’ADN, de limitation du regroupement familial et de numérisation de l’humanité des sans papiers, Hortefeux va nous montrer sa vision révolutionnaire de la terre d’accueil. Se servant de la malheureuse phrase de Rocard, qui veut que nous ne puissions pas accueillir toute la misère du monde, Hortefeux va limiter les droits des sans papiers, multiplier les arrestations, séparer des familles, faire la sortie des écoles, et de « manière humaine » comme il dit, laisser se multiplier les bavures, sur le chemin des centres de rétention, à l’intérieur, bien à l’abri des caméras, et dans les avions, où certains sont morts étouffés par accident, quand ils ne sautent pas par la fenêtre. C’est con un sans papier quand même. Enfin, soulignons l’humour très fin de l’auvergnat, qui organisait, en novembre 2008, la semaine de l’intégration à Vichy. Il aurait dû la faire à Dachau, c’était bien symbolique aussi.
On dit qu’on juge un homme à ses actes et non ses paroles. Mais ce n’est pas toujours vrai, on l’a vu, les actes de Hortefeux sont très éloquents de sa grandeur d’âme et de son humour légendaire mais ses phrases sont encore plus drôles. Il devrait vraiment faire un one man show, un Jamel comedy club en plus blanc, avec De Villiers, Le Pen, Gollnisch et Berlusconi, avec featurings de Mégret et un « négro intégré », Dieudonné par exemple. Petit aperçu de l’humour de Brice, sur M6, Capital, Lagache lui demande s’il y aura toujours des sans- papiers en France : « ben, si vous rêvez d’une société idéale, dans laquelle il n’y aurait que des citoyens honnêtes et propres… » Tordant. Sinon, Quand il ne raconte pas, tout fier, devant Rama Yade comment il demande trois fois à des noirs d’où ils viennent, alors qu’ils s’évertuent à répondre « de Caen », il philosophe sur l’élection d’Obama comme victoire de l’intégration, alors que celui-ci est américain de mère blanche. Son dernier sketch sur les auvergnats est très bon lui aussi.
Quand on pense que ce mec est chef de la police, on se dit que les Noirs et les Arabes doivent bien rigoler de ce spectacle.
mercredi 30 septembre 2009