O'zons

AVATAR/2012



AVATAR

DE JAMES CAMERON, AVEC SAM WORTHINGTON, ZOE SALDANA, SIGOURNEY WEAVER…

Jake Sully, un marine paraplégique, est envoyé à la place de son frère scientifique, qui vient de mourir, sur le projet Avatar. Il se retrouve donc sur Pandora, colonie des humains dans une autre galaxie, pour contrôler un corps artificiel d’indigène, afin de les infiltrer pour le compte de l’armée, histoire de mieux s’approprier les ressources naturelles de la planète. Mais il va se lier avec une belle indigène Na’avi.

Au moment où ces lignes sont rédigées, Avatar a déjà explosé le box office de chiffres astronomiques, pourtant, on ne boudera pas notre plaisir d’en faire une bonne critique. Non, Avatar n’est pas parfait, on peut être agacé par un scénario assez prévisible, des personnages assez manichéens, une imagerie trop colorée et une philosophie écolo New Age un peu naïve. Pourtant malgré ces écueils scénaristiques un peu puérils, destinés à élargir le public de nos chères têtes blondes, ou brunes, n’en déplaise à Hortefeux, il est difficile de ne pas s’émouvoir de la prouesse technologique. Oui, Cameron, comme à chaque étape de sa carrière (Piranha 2, Terminator, Aliens, Abyss, True Lies, Terminator 2, Titanic) révolutionne les effets visuels. Il atteint ici le point culminant de l’innovation, nous plongeant littéralement dans son univers, comme si nous étions derrière une fenêtre, avec carrément des éléments du film qui semblent virevolter dans la salle. Il nous transporte corps et âmes sur une autre planète, un univers cohérent, peuplé de créatures fascinantes et qui finit par être plus réel que notre monde à nous.

Cameron nous emmène dès les premières secondes dans un émerveillement enfantin, éclipsant un scénario qui malgré sa simplicité n’est pas si anodin envers ses compatriotes. Les américains sont dépeints comme cupides, bellicistes stupides et cyniques et finalement inférieurs aux prétendus sauvages qu’ils envahissent. On s’incline et on se tait.

2012

DE ROLAND EMMERICH, AVEC DANNY GLOVER, JOHN CUSACK, AMANDA PEET, THANDIE NEWTON, WOODY HARRELSON, CHIWETEL EJIOFOR, OLIVER PLATT...

Comme prévu par le calendrier Maya, 2012 correspond à la fin du monde, suite à un alignement des planètes et une action du réchauffement solaire sur l’écorce terrestre. Un scientifique en avertit le gouvernement, qui garde l’information secrète, pour préparer la survie de l’espèce. Parallèlement, un écrivain divorcé apprend la venue du cataclysme et tente de sauver sa famille.

Honnêtement on n’attendait pas grand-chose du coupable d’IndependenceDay et Godzilla, sinon des explosions, des tsunamis, des séismes à trous béants, sous fond d’hymne à la famille, la main sur le cœur pendant l’hymne américain en tenant le drapeau et en pleurant. Bon, on n’est pas très loin, mais étrangement, c’est presque touchant. Tout d’abord, il faut souligner que les promesses sont tenues : vous allez voir 2012 pour la fin du monde, ça tombe bien, c’est exactement ce qu’on y voit. Certes, il faut attendre de nombreuses (et parfois un peu longues) minutes avant de la voir, mais quand ça vient on ne regrette pas d’être venus. On assiste ébahis à la destruction de la planète et on se tient au fauteuil en priant (nous aussi), qu’il reste bien accroché. Évidemment, tout cela est hautement improbable, surtout quand on voit la chance de cocus des survivants, ils auraient dû jouer au loto, dommage que ce soit l’apocalypse. Mais en fait on s’en fout, ça donne des scènes hallucinantes filmées à 200 à l’heure et c’est le seul intérêt.

Non contents d’ajouter à la déprime ambiante en se projetant l’armageddon, il faut aussi supporter les moments de sanglots des victimes et les discours bisounours des héros. Pourtant, malgré la naïveté désarmante, l’émotion finit par gagner, d’une part à cause de la sincérité manifeste d’Emmerich, et son recul humoristique sur cet idéalisme un peu béat ; et d’autre part, à l’enthousiasme et au talent des acteurs, mentions à Ejiofor, Glover et Harrelson qui sauvent des dialogues qui peuvent vite devenir ridicules, comme c’est d’ailleurs le cas en version française.

Enfin, on se dit qu’après tout, si le monde s’écroulait vraiment, il serait peu probable de voir les gens sauter au plafond de crever dans l’heure, et fiers de glorifier l’égoïsme et la haine de son prochain. Donc, pourquoi pas ?

mercredi 20 janvier 2010